mercredi 31 mai 2017

[Livre] The Aiki Singularity: Transformative Power par S.E. Meredith

De nombreux livres ont été écrits, avec plus ou moins de succès sur l’Aiki et les moyens pour y parvenir. Je pense notamment aux deux ouvrages de Kimura Tetsuo sur Sagawa sensei, incontournable pour tous les pratiquants d’Aunkai, mais la littérature sur le sujet est évidemment éminemment plus riche.

Scott Meredith est pratiquant d’arts internes chinois (Tai Chi et Xing Yi notamment) et de Yoga, et particulièrement intéressé par l’aspect énergétique de la pratique. Dans cet ouvrage, il s’intéresse plus particulièrement à Sagawa sensei et propose une lecture de ses propos ainsi que trois exercices principaux en les passant sous le filtre des arts martiaux internes chinois, proposant ainsi un lien direct entre les cultures martiales des deux pays. Chacun des exercices est proposé d’abord de façon très simple, puis avec des ajouts permettant un travail énergétique plus fin.

Parmi ses exercices, on retrouve notamment une version de Shiko, passée sous le crible du Tai Chi, notamment dans la façon de poser le pied au sol, le “Cat Step Protocol”.  Une approche qui diffère de celle d’Aunkai et qui pour moi ne règle qu’une partie de la question, dans le sens où elle ne permet pas à mon sens d’appréhender ce qui permet la montée de la jambe à travers les connexions internes. Le but de l’exercice proposé me semble de fait différer du Shiko pratiqué en Aunkai, je ne saurais dire s’il est proche de celui de Sagawa. En revanche bien qu’ayant une approche différente j’ai trouvé les idées intéressantes et j’ai eu plaisir à expérimenter les choses sous un angle nouveau.

L’aspect énergétique est de fait essentiel dans cet ouvrage. Je précise tout de suite que ça n’est pas mon approche. Je n’ai de fait pas une grande sensibilité aux flux d’énergie dans mon corps et si je n’ai pas de souci avec l’idée de l’énergie interne, bien au contraire, je n’en fais pas le coeur de ma pratique martiale. Je reste en revanche convaincu que la pratique martiale implique de savoir sortir des sentiers battus, de ses croyances et de ses habitudes, et c’est avec cet esprit que j’ai lu cet ouvrage et essayé les exercices. Je ne peux que vous inviter à y jeter un oeil également ou à visiter le blog de l’auteur.

mardi 30 mai 2017

Aunkai et Aikido à Singapour

De passage à Singapour, je pensais faire un stage d’Aunkai comme l’an dernier. Malheureusement, le timing ne le permettra pas et je rencontrerai donc Terry et Sherman près de mon hôtel pour une petite session informelle. L’occasion de revoir les bases avec eux, mais aussi de leur amener un peu plus, notamment dans les liens qui existent entre les exercices d’Aunkai et la pratique de l’Aïkido. Sur le travail d’Age Te/Sage Te, le relâchement du dos, l’utilisation du pelvis, et bien d’autres éléments. Une session courte mais vraiment riche qui m’a certainement éclairé au moins autant qu’eux.

J’ai aussi profité de mon passage pour aller pratiquer l’Aïkido sous la direction de Philip Lee, 7e dan Shihan. J’avais déjà eu l’occasion de rencontrer Philip Lee, ses fils et un grand nombre de ses élèves l’an dernier lorsque nous avions organisé un stage d’Aunkai, mais je n’avais jamais suivi ses cours.

Le siège de l’Aïkido Shinjukai a changé, l’endroit est beaucoup plus agréable et mieux foutu que l’an dernier, et était apparemment déjà le siège de l’organisation il y a 7 ans. Contrairement à HK, l’Aïkido est très présent à Singapour, et Philip Lee compte en plus du dojo central 55 dojos dans la ville-Etat, pour un total de 10,000 pratiquants. J’ai participé à deux cours, mercredi soir réservé aux avances, et jeudi soir plus oriente vers les débutants.

J’ai passé un bon moment, même si la pratique s’éloigne un peu de ma recherche. On est en effet dans une pratique très dynamique, qui peut rappeler celle du courant Tissier ou de Shirakawa Ryuji. Pas forcément mon approche donc, mais c’était néanmoins agréable de pratiquer et de transpirer un peu (euphémisme dans la chaleur singapourienne). J’étais heureux aussi de revoir un certain nombre de têtes connues. Enfin je dois dire que pratiquer dans un beau dojo, avec autant de monde (probablement pas loin de 50 pratiquants par session) et une certaine rigueur du début à la fin me dépayse agréablement.

Après le cours, Philip Lee et son fils m’ont très gentiment invité à manger un morceau et échanger autour de quelques bières, attention que j’ai réellement appréciée, parce que si rien ne les y obligeait ce sont vraiment des personnes très sympathiques avec lesquelles j’apprécie passer du temps.