jeudi 23 mars 2017

Démonstration à la NAMT

Dans mon bilan 2016, j’avais évoqué le fait que 2017 serait ponctuée de quelques surprises. La première était la venue de Leo Tamaki à Hong Kong début mars. La seconde est ma participation à la NAMT en juin, une première évidemment pour moi, mais également pour le Nihon Tai Jitsu.

On ne présente plus la NAMT. Créée en 2007, elle attire depuis de nombreuses années un grand nombre de connaisseurs, venus admirer le travail d’experts hors du commun, tels qu’Akuzawa Minoru, Kuroda Tetsuzan, Tobin Threadgill, Alain Floquet, Ellis Amdur et j’en passe. Difficile de les citer tous tant le programme est chaque année de très haut niveau et cela fait d’ailleurs déjà quelques temps que je pense organiser un séjour en France autour de cet évènement pour pouvoir y assister.

Mon niveau est évidemment à des lieues des personnes nommées plus haut, et j’avoue avoir cru à une erreur en recevant l’invitation à démontrer. Mais passée la surprise, et malgré la distance et le fait que mes vacances en France pour cette année étaient déjà prévues pour janvier-février, j’ai sauté sur une occasion inespérée de pouvoir voir d’aussi près le travail de tous ces experts et de participer à l’AikiTaikai. Ah oui, et de présenter mon travail aussi.

Démontrer n’est pas un exercice facile pour beaucoup d’entre nous, notamment parce que ça n’est pas quelque chose que nous pratiquons de façon régulière. A l’entrainement nous travaillons des détails et essayons d’améliorer progressivement notre pratique pour aller plus loin. En démonstration au contraire il s’agit de montrer un produit fini, de raconter une histoire et donc de présenter de façon compréhensible notre pratique à des gens qui ne la connaissent pas. J’ai personnellement participe a peu de démonstrations, quelques-unes en France dans de petits évènements locaux, et trois fois au festival de la All Japan Budo Federation à Kyoto, un rendez-vous que j’ai toujours trouve aussi intéressant que difficile puisque je ne rencontrais mes partenaires que la veille et qu’ils découvraient l’école.

En venant a la NAMT, il est évident que je n’amènerai pas non plus mes partenaires les plus réguliers de Hong Kong En revanche j’ai la chance d’y connaitre un certain nombre de pratiquants, dont certains connaissent bien mon travail et savent à quoi s’attendre. C’est je pense très important et c’était d’ailleurs le sujet d’un article que j’avais écrit il y a quelques mois. Si nous n’aurons pas vraiment l’occasion de répéter à l’avance, je n’ai aucun doute sur le fait qu’ils sauront s’adapter sans difficulté à ce que je proposerai ce soir-là. D’ici-là il ne me reste plus qu’à pratiquer pour proposer la démonstration la plus intéressante possible.
 

vendredi 10 mars 2017

Léo Tamaki à Hong Kong

J’ai plusieurs fois partagé sur ce blog mon appréciation envers Léo et sa pratique, même si force m’est de reconnaitre que ne rentrant que peu en France j’ai extrêmement peu d’occasions de pratiquer sous sa direction et donc d’appréhender réellement le Kishinkai, d’autant que la pratique proposée est particulièrement complexe et sur certains aspects peut paraitre aux antipodes de la mienne.

C’est pour toutes ces raisons que j’étais très heureux de recevoir Léo à Hong Kong et d’avoir un week-end entier pour découvrir un peu plus l’Aikido qu’il propose, mais aussi pour pouvoir discuter un peu, chose qui n’est évidemment pas possible lors d’un cours.

Réunir des gens pour pratiquer à Hong Kong est toujours un défi. Les gens sont en déplacement professionnel, ont des obligations, doivent déménager (on déménage beaucoup ici…), bref ils sont intéressés mais pas toujours disponibles. Malgré tout nous avons pu réunir une dizaine de personnes aux parcours variés, tous curieux de voir la pratique qui leur serait proposée, et qui sont tous repartis conquis.

Et de fait le travail proposé était vraiment passionnant. Comme toujours je me suis senti transporté hors de ma zone de confort et c’est avec un plaisir immense que j’ai découvert des exercices qui ressemblent parfois visuellement comme deux gouttes d’eau à des exercices que je pratique régulièrement… mais dont la sensation va presque à l’opposé. J’ai en tête notamment un exercice au Jo qui se rapproche de ce qu’on pourrait faire au Rokushakubo en Aunkai, sauf qu’en Aunkai ma sensation est celle d’une force qui passe via les fascia, presque en enveloppant le corps, la sensation est lourde et je sens mon centre de gravité passer dans le corps de mon partenaire. rien de tout ça ici, et si j’ai senti une connexion dans mon corps elle était plutôt de l’ordre d’un fil de soie, fin et délicat qui pourrait se rompre à tout moment, une sensation légère.

Je ne reviendrai pas sur tous les exercices parce que je crois qu’au final c’est surtout la sensation qui compte et qu’il est difficile de mettre des mots sur des sensations, mais j’ai passé un weekend excellent à essayer tant bien que mal d’oublier le peu d’acquis que j’ai et de me plonger dans une approche différente. Ca n’était pas forcément une réussite mais j’en suis ressorti profondément inspiré et c’est le principal.