vendredi 29 avril 2016

[Livre] Jikishin Dojo Budo Kenshu – Study of the Martial Way par Filip Maric

Suite à la venue de Filip à HK en mars et les excellents moments passés ensemble sur les tatamis et en dehors, j’ai finalement lu son livre «  Jikishin Dojo Budo Kenshu – Study of the Martial Way », chose que  je pensais faire depuis plusieurs mois mais que je repoussais sans cesse faute de temps.


Cet ouvrage est la vision très personnelle de Filip sur la pratique martiale, notamment par le biais de l’Aikido et du Kashima Shin Ryu, combinée également à son approche du Zen, du Shiatsu et de la physiothérapie. Un périmètre très vaste rendu pourtant extrêmement cohérent par Filip.

L’ouvrage donne un certain nombre de clés de compréhension regardant le conditionnement du corps et de l’esprit, la place des formes, techniques et grades dans la pratique, la méthode d’enseignement, etc. Ayant moi-même une vision très personnelle de la pratique, il m’est souvent difficile de me retrouver dans les ouvrages habituels, qui ont tendance à effleurer la surface des choses ou parfois au contraire de partir dans des réflexions dans lesquelles je ne me retrouve pas. Ça n’a pas été le cas ici, et en lisant l’ouvrage j’ai eu l’impression que j’aurais pu en écrire chaque mot.

J’ai particulièrement apprécié le fait que Filip présente une pratique qui change constamment, et lorsque nous avons discuté de son ouvrage il m’a d’ailleurs avoué qu’il écrirait probablement les choses différemment aujourd’hui. De même que notre compréhension évolue au cours du temps, notre pratique n’est pas figée et c’est ce qui la rend si riche. Mais au-delà de cette évidence j’ai aimé l’idée qu’au-delà du travail des formes, étape nécessaire de l’apprentissage, le travail avec partenaire implique que deux techniques ne seront jamais identiques. Cette versatilité est au cœur de ma pratique, et est typiquement quelque chose qui me frustrait dans ma récente pratique de l’Aikido.

Quelle que soit votre pratique martiale, je vous recommande particulièrement cet ouvrage, probablement l’un des plus intelligents que j’ai lu sur le sujet.

jeudi 28 avril 2016

Stage d'Aunkai à Singapour - 8 Mai 2016

 Je serai à Singapour pour un stage privé d'Aunkai le 8 mai à l'invitation du dojo Aikido Shinjukai.
Deux élèves du dojo, Terry et Sherman, étaient venus à Hong Kong pour le stage prévu en mars avec Akuzawa sensei. Mon passage à Singapour sera je l'espère l'occasion de faire un peu mieux connaitre Aunkai dans la région et d'aider Terry et Sherman dans leur pratique.


mercredi 27 avril 2016

Stage Nihon Tai Jitsu au Vietnam - 13/14 Mai 2016

Je serai à Ho Chi Minh City au Vietnam les 13 et 14 mai pour un stage de Nihon Tai Jitsu à l'invitation du groupe Aiki Jujitsu Vietnam et avec le soutien de la Fédération Mondiale de Nihon Tai Jitsu.

Le groupe Aiki Jujitsu Vietnam, sous la direction de Pham Thanh Binh, 5e dan Shihan, pratique un Aiki Jujitsu issu de l'Aikido Yoseikan et du maitre Minoru Mochizuki. C'est donc tout naturellement que le contact s'est noué.
 


Si Alain Floquet sensei s'était déjà rendu à HCMC en 1993, ce sera la première fois que le Nihon Tai Jitsu y sera présenté.

samedi 23 avril 2016

"A la carte"

Dans une société de consommation où les gens pratiquent comme ils vont au supermarché, le risque est réel de voir des gens chercher une pratique "à la carte". Après tout on paie pour un enseignement, on a encore bien le droit de choisir ce qu'on va apprendre, non?



Ce phénomène est plus ou moins marqué, selon les personnes et les régions, et chez les pratiquants un minimum sérieux il finit par s'estomper au profit de l'apprentissage de l'école dans son ensemble, mais il reste malheureusement quelques exceptions. J'ai eu dernièrement une personne qui est passée à quelques cours et qui suite à ça m'a demandé à plusieurs reprises de lui enseigner seulement les 2-3 techniques qui l'intéressaient. Requête que j'ai poliment ignorée jusqu'à ce qu'il m'envoie un email me disant qu'il était frustré parce qu'il ne souhaitait apprendre que ces quelques techniques même s'il comprenait que je devais enseigner un curriculum complet.

Le problème c'est que mon enseignement n'est pas axé sur les techniques, celles ci n'y étant qu'un outil pour appréhender les principes d'utilisation du corps. Je pourrais évidemment lui montrer les 3 techniques en question, ou du moins leur chorégraphie, mais ça n'est pas ce qui les fait fonctionner. Sans les principes qui régissent ces techniques, elles n'ont plus grand sens. Une école martiale n'est pas qu'une addition de techniques plus ou moins digérées même si c'est ce que j'ai cru pendant longtemps. C'est un ensemble logique, cohérent qui fait que tous les éléments se recoupent.

Je comprends évidemment que pour des gens pratiquant autre chose, tout dans ma pratique n'est pas nécessairement intéressant, et c'est d'ailleurs pour cette raison que je fais une sélection dans ce que je montre en stage pour m'assurer de donner aux stagiaires ce qui leur apportera le plus. En revanche il est évident que je ne fais pas des mini-cours à la carte en stage ou en cours régulier pour faire plaisir aux pratiquants, qui ont la délicatesse de suivre tout le cours, de pratiquer et de faire le tri chez eux.



samedi 9 avril 2016

Disparition de Raymond Jugeau


Le Nihon Tai Jitsu vient de perdre l’une de ses plus grandes figures. Raymond Jugeau, 9e dan et l’un des pionniers de la discipline, également Hanshi en Judo, nous a quittés il y a quelques jours à l’âge de 85 ans.


Au premier abord, Raymond pouvait sembler froid, et pendant mes premières années, si je l’ai régulièrement croisé, j’avais beaucoup de mal à le cerner. Et puis un jour je me suis décidé à aller participer à son stage d’été sur l’ile d’Oléron et je me suis rendu compte que ma première impression ne pouvait être plus éloignée de la réalité.

Ferme pendant les entrainements, intransigeant sur la technique et les kata, Raymond était aussi doté d’un grand sens de l’humour et ne prenait personne de haut. Chaque soir, nous passions boire un coup de chouchen dans sa chambre. Il était accessible, sympathique, entier. A la fin du stage, comme la coutume le veut, Raymond remit à chacun un certificat de participation. Pour chaque personne, il dit un mot personnel, qui montrait qu’il avait pris le temps de s’intéresser à chacun de ses élèves. Ça peut paraitre peu, mais ce moment m’a profondément marqué.

Je l’ai revu plusieurs fois lors de stages jusqu’à mon départ pour Hong Kong, et de nouveau je n’ai jamais senti de barrière ou de distance. C’était tout simplement facile de discuter et plaisanter avec lui.

Je l’ai ensuite revu au stage de Washizu sensei à Paris il y a trois ans. Déjà très affecté par la maladie il avait beaucoup maigri mais gardait la dignité et l’élégance dont il avait toujours fait preuve. A la fin du diner, je me souviens qu’il est venu me voir et m’a dit « merci pour ce que vous faites », venant d’un homme comme Raymond, qui n’avait pas toujours le compliment facile, j’ai été surpris et touché. Je le suis toujours d’ailleurs. Ce seront les derniers mots que j’entendrai de sa bouche.

Merci Raymond pour le travail que tu as effectué, pour tout ce que tu as apporté au Nihon Tai Jitsu et à tes élèves, merci pour ta générosité. Tu nous manqueras.