lundi 21 mars 2016

3 ans - L'unité de base

On parle souvent d’unités de base dans les arts martiaux, et 3 ans est un cycle souvent utilisé. Je m’aperçois avoir d’ailleurs écrit un article la dessus… il y a 3 ans.

Dans cet article je disais notamment qu’après trois ans d’Aunkai, j’avais besoin de commencer a évaluer le travail effectué et de développer la mince base que j’avais acquise. C’est effectivement ce que j’ai fait pendant ces trois dernières années et suite à mon passage en Europe et au stage de la semaine dernière je crois qu’il est temps de démarrer un nouveau cycle.

J’ai débuté Aunkai début mars 2010 et j’ai depuis fait un certain nombre de passages a Tokyo pour m’entrainer avec Akuzawa sensei en plus de mes entrainements quotidiens. En Février 2013, comme a chaque passage, je me souviens avoir pris une claque. Peut-être d’ailleurs la plus importante parce qu’elle m’a réellement fait me demander si on pouvait appréhender cette pratique sans avoir Akuzawa sensei ou un pratiquant avancé à proximité. En avril de la même année je suis allé au stage de Washizu à Paris et j’ai également rencontré Leo Tamaki. Tous trois avaient une pratique différente, mais en leur parlant j’ai vu un fil conducteur que je n’avais jusque-là pas compris. De retour à Hong Kong, j’ai repris mon travail depuis le début, revoyant toutes mes techniques à la lumière de cette nouvelle idée.

J’ai testé rapidement mes idées avec Fred à Taichung et quelques mois plus tard, Romain est venu à HK et ça a été une première occasion de tester ce travail encore relativement récent. Puis la fin de l’année est arrivée, je suis repassé à Tokyo et pour la première fois je ne me suis pas senti à la masse. Dans la foulée j’ai donné mon premier stage chez Romain qui a fini de mettre en place la direction que j’allais prendre pour les deux années suivantes.

Trois ans après le début de ce cycle, je crois avoir réellement progressé. Non pas que je sois devenu un tueur, mais plutôt parce que je partais de relativement bas. Je me sens à nouveau au bout d’un cycle, mais surtout au début d’un nouveau avec des tas d’idées à explorer et des choses que j’ai envie de mettre en place, notamment avec un travail plus interne. Rendez-vous dans trois ans.

dimanche 20 mars 2016

L’heure des choix

Cette dernière semaine a été animée martialement et psychologiquement parlant, et comme je le fais régulièrement qu’il s’agisse d’arts martiaux ou d’autres choses, j’ai pris quelques décisions pour optimiser mon temps et pouvoir avancer de la meilleure des façons.

La première décision est de mettre pour l’instant ma pratique de l’Aikido en pause. J’ai pris un plaisir incroyable à pratiquer sous la direction de Filip, comme je repars toujours enchanté de mes entrainements chez Leo ou Yannick. Ça n’est en revanche que très rarement le cas dans mes entrainements hebdomadaires, parce que la direction prise va à l’encontre de ma recherche. Je comprends l’idée de se connecter au partenaire, et j’y vois même un intérêt, mais je ne crois pas que ça soit le travail d’Uke, ou alors dans une certaine mesure seulement pour créer la sensibilité nécessaire aux Kaeshi Waza. Je prends peu de plaisir et j’apprends au final peu parce qu’avec un partenaire qui compense nos erreurs en sur-jouant, il est difficile de comprendre comment prendre correctement sa structure. Le temps consacré à la pratique et au trajet n’étant pas négligeable, il est probablement temps pour moi de passer à autre chose.

J’ai commencé l’Aikido il y a maintenant 5 ans, parce que Fred étant parti je n’avais plus de partenaire d’entrainement. L’Aikido était ce que j’avais trouvé de plus proche du Jujutsu et était une opportunité d’avoir un retour sur ma pratique en solo. Quand j’ai commencé à enseigner le NTJ, j’ai décidé de faire les deux en parallèle pour maximiser mon temps de pratique. Mais en regardant les choses de plus près, j’ai aujourd’hui des partenaires d’entrainement intéressés par la direction que j’ai choisie et donc de fait plus « besoin » de pratiquer autre chose.

Depuis plusieurs années, je me pose la question de savoir dans le cas où j’arrêterais l’Aikido, ce que je devrais aller apprendre : le Tai Chi ? le Systema ? retourner au Kali ? Aucune de ces réponses ne me satisfaisait pleinement parce qu’elles nécessitent forcement de repartir à zéro pendant quelques années avant de commencer à voir des choses réellement poussées. Et puis je me suis demandé si j’avais réellement besoin de ça. Aussi arrogant que ça puisse paraitre, je ne crois pas avoir besoin a l’heure actuelle de suivre des cours hebdomadaires. Je connais la direction que je veux prendre, je sais comment y aller et j’ai quelques partenaires qui peuvent m’y aider. Et bien entendu je continuerai à saisir les occasions de pratiquer avec les experts dont la pratique m’inspire. C’est d’ailleurs ce que je faisais a l’époque ou mon seul partenaire d’entrainement était Fred, et ce fut une période incroyablement riche pour moi.

Partant de ce constat, je vais désormais me consacrer aux deux piliers de ma pratique qui me permettent d’avancer : la formation du corps via l’Aunkai et le Yoga, et les applications via le Nihon Tai Jitsu, et en profiter pour rajouter des séances spécifiques d’Aunkai dans le programme du dojo.

samedi 19 mars 2016

Aikido avec Filip Maric


J’avais déjà eu plusieurs fois l’occasion de parler à Filip en ligne, et d’apprécier ses quelques vidéos en ligne. Sans le connaitre, j’avais déjà une excellente impression de sa pratique, fine, subtile et surtout dans laquelle on pouvait ressentir sa personnalité.


 

Profitant de son passage à Hong Kong, j’en ai profité pour lui demander d’animer un petit cours pour mes élèves et ceux du dojo d’Aikido qui le souhaiteraient et il a tout de suite accepté.

Je suis conscient de la difficulté de ce type de contexte pour faire découvrir sa pratique, très proche de ce que j’ai eu récemment à Challans. Présenter sa pratique a un groupe dans lequel on ne connait personne, dont les niveaux sont très disparates, et en ayant moins de 2 heures devant soi. Un vrai défi qu’il a pourtant parfaitement relevé.

Filip a commencé par faire nous travailler les chutes, depuis le sol, dans un certain nombre de formes, pour nous aider à nous échauffer, mais aussi pour évaluer à qui il avait à faire. Après ces exercices, dont un certain nombre étaient nouveaux pour moi et que je pense travailler assez régulièrement maintenant, nous sommes passés à la première technique, Katate Dori Sumi Otoshi, qui s’avèrera être le fil conducteur de cette session.

Se concentrer sur une seule technique était pour moi un excellent choix parce qu’il a permis de mettre de cote l’aspect technique pour s’occuper du reste, et d’ajouter au fur et à mesure des critères d’exécution : position du corps de Tori, regard, ouvertures possibles pour Uke, mise en place du déséquilibre, etc. J’ai profondément apprécié l’approche de Filip qui consiste à dire qu’il n’y a jamais deux techniques identiques, parce que la relation entre Tori et Uke n’est jamais exactement la même : peut-être que Tori a un peu tiré et entrainé Uke vers lui, peut-être lui a-t-il présenté son dos ou ses cotes, etc., laissant des opportunités et des options différentes à Uke, qui forceront parfois Tori à changer de technique.

J’ai passé un excellent moment, et je dois dire de loin le meilleur cours d’Aikido que j’ai eu à Hong Kong, point sur lequel je reviendrai plus tard.
 

vendredi 18 mars 2016

Stage d'Aunkai à Hong Kong - Partie 2

DIMANCHE

Après une première journée majoritairement axée sur la construction de la “frame” du corps, la deuxième journée s’est axée sur la mise en mouvement de celui-ci.

Xavier - Session 1


Dans cette session, nous avons travaillé à la mise en place des juji et à leur mise en action et ce dès l’échauffement.

Premier exercice, Ashi Age/Juji Ko, pour commencer à sentir cette tension dans le corps au niveau de l’axe central, avec les différentes variations possibles de l’exercice et en essayant de sentir l’origine du mouvement. Une bonne introduction aux coups de pieds de la méthode mais aussi à la façon de libérer les jambes pour se déplacer sans altérer la structure.

Une fois les juji en place, c’est tout naturellement à Shintaijuku que nous sommes passés, avec ou sans Bo puisqu’il n’y en avait pas assez pour tout le monde, pour comprendre comment les juji créent le mouvement, alors que les membres le transmettent.

Nous avons ensuite attaqué l’exercice Tsuki avec partenaire qui permet à la fois de mobiliser les juji et de revenir sur certaines idées de Breathing Maho, et ce sous différentes formes: avec un partenaire et un Bo en position Maho, avec un Bo en Jigotai, puis sans Bo dans la même position, avant de mettre de plus en plus de liberté en autorisant tous les mouvements à condition de garder les pieds fixes, puis en ouvrant toutes les options et en ayant dès lors un travail libre.

Filip - Session 2


Filip a complété la session précédente en nous faisant travailler trois exercices qui séparément reprennent les trois temps de Tsuki en Jigotai avec le Bo. D’abord en nous faisant travailler la réorganisation du corps entre le moment où le Bo est tenu en position haute et celle où il est au niveau du kua (étape 1 du mouvement)

Ensuite en travaillant l’exercice combiné Shintaijuku/Ashi Age en utilisant la torsion pour emmagasiner la tension dans le corps et la relâcher soudainement (étape 3).

Enfin en travaillant la partie intermédiaire avec un exercice dont j’ignore le nom et qui consiste à saisir les poignets du partenaire et en descendant sur les jambes à tirer l’un après l’autre.

Xavier - Session 3


Tout le travail précédent effectué, j’ai décidé d’aborder l’utilisation du tanden pour monter et prendre le poids en soi, et du sternum pour tomber et transmettre la gravité.

D’abord avec quelques exercices autour de TenChiJin, le seul solo tanren non encore pratiqué pendant ces quelques heures, seul et avec partenaire pour bien comprendre la remontée du corps et son alignement, puis en utilisant TenChiJin pour Age Te, à genoux et debout.

Nous sommes ensuite revenus sur Sage Te, déjà vu la veille mais complémentaire et essentiel à une bonne compréhension de la gravité, ainsi que quelques applications de l’idée de laisser tomber le poids dans le corps.

Filip - Session 4


Dernière session de ce weekend. Filip en a profité pour proposer un certain nombre d’applications, pour donner aux participants une vue de ce à quoi doit amener le travail précédent de formation du corps. Le premier exercice a été sensiblement le même que le dernier que j’avais proposé mais comme sur Sage Te en proposant une version “XL” qui a permis de remettre en tête le replacement vertical que propose Shiko. Puis nous sommes passés rapidement à plusieurs applications sur Tsuki et Mae Geri utilisant tous les principes vus pendant le weekend et en explorant la notion de fluidité propre à Aunkai, avec un corps qui emmagasine l’énergie, la relâche, la recycle, la fait exploser.





Après 12h de travail intensif sur deux jours, c’est l’heure de finir et nous nous sommes mis en cercle façon Systema pour prendre les ressentis de chacun. Intéressant à plus d’un titre, parce que tout le monde ne connaissait pas l’Aunkai, mais aussi à cause des conditions particulières qui ont entouré cet événement.

Ce stage a été pour moi réellement exceptionnel, et j’avoue que je n’aurais pas parié dessus vendredi soir. Les sessions se sont parfaitement enchainées, tout le monde a bien bossé et est reparti heureux. Ca n’aurait pas été possible sans l’aide de tous les participants et de Filip dont l’aide a été particulièrement précieuse.

jeudi 17 mars 2016

Stage d'Aunkai à Hong Kong - Partie 1

Ce week-end tant attendu ne s’est pas vraiment déroulé comme je l’avais imaginé, et pour être tout à fait honnête la journée de vendredi a été un réel cauchemar pour moi.

Pour des raisons indépendantes de notre volonté à tous, Akuzawa sensei n’a malheureusement pas pu être parmi nous, et le fait d’avoir un pratiquant de Nouvelle Zélande (Filip Maric qui dirige le groupe de travail d’Auckland) et deux pratiquants de Singapour qui avaient fait le trajet spécialement n’a fait que rajouter un peu de stress. Mais il faut savoir rebondir et s’adapter, et j’ai donc immédiatement proposé à Filip que nous prenions le relais ensemble. Aucun de nous n’est instructeur de l’école, certes, mais nous avons d’une part l’habitude d’enseigner, d’autre part une expérience qui reste non négligeable. Enfin à deux nous pouvions plus facilement ajouter des éléments à ce que l’autre montrait et en donnant des points de vue différents sur la même chose, donner une vue peut être plus complète de la méthode.

Filip a immédiatement accepté, et ça a été pour moi un premier soulagement. La grande majorité des participants l’a aussi pris extrêmement bien, y compris nos deux camarades de Singapour qui auraient eu des raisons d’être déçus.





Au final nous avons divisé chaque journée en 4 sessions d’environ 1h30, nous permettant d’avoir une continuité dans les thèmes tout en rendant ça très dynamique. Chaque session s’est logiquement construite par rapport à la précédente amenant des détails complémentaires, et je dois dire (sans prétention aucune) que j’ai rarement participé à un stage aussi profond.

Je ne fais en général pas de CR vraiment précis de mes stages, qu’ils soient en tant que participant ou qu’intervenant, mais celui-ci fera exception.

SAMEDI

Xavier - Session 1


La première session se doit naturellement d’introduire les bases et en Aunkai, qui dit base dit Maho. Ou plutôt en l’occurrence l’axe avant arrière.
Nous avons commencé et fini par push out. Exercice pas facile sans avoir expérimenté le reste, et c’était donc l’occasion de construire quelque chose pendant la session, de revenir sur push out et de voir si quelque chose avait changé.

Une fois ce premier test effectué, nous avons naturellement abordé Maho. De nombreuses versions en existent, et pour cette partie j’ai choisi l’une des plus classiques: En partant du haut du corps on réaligne le menton, puis le sternum, etc. jusqu’en bas. Une fois aligné, le fait de chercher le déséquilibre arrière amène naturellement les bras à se lever. Cette version a permis de travailler l’alignement depuis le haut du corps et de commencer à explorer la zone dans laquelle le corps rentre en déséquilibre et donc d’augmenter la zone dans laquelle on peut conserver son équilibre.

A partir de Maho, avec un peu de pression sur les mains de la part du partenaire on peut commencer à changer la position des pieds et de là sentir comment la position Maho amène naturellement à la marche.

J’ai proposé plusieurs versions de Walking Maho, chacune amenant des éléments un peu différents. La premiere avec un Bo au niveau de la ceinture ou du sternum pour relier les deux partenaires, servant de niveau pour vérifier que le centre de gravité ne monte pas (souvent indicateur d’une poussée dans le sol). La seconde avec le Bo tenu verticalement, comme un “guide” qui représenterait la colonne vertébrale et qui permet de voir quand celle si perd sa verticalité (et sous quel axe) ou encore si elle monte. Quelques petits détails ont permis de creuser la façon dont nous marchons habituellement et pourquoi elle pose problème. Tous ces problèmes “traités” nous sommes passés à la version “classique” de Walking Maho avant de revenir sur push out. 

Filip - Session 2


On reprend la même chose mais en sens inverse. Cette fois au lieu de visiter sa zone de déséquilibre, on va chercher à jouer avec le point précis d’équilibre. D’abord en seiza, en faisant des vagues avec la colonne en partant du pelvis en cherchant à ne pas modifier l’endroit où le point du corps tombe. Puis en Maho, en partant du bas du corps et en remontant. De là on peut commencer à déplacer les bras en gardant toujours ce même poids dans les pieds.

Les exercices suivants n’étaient pas moins intéressants puisqu’ils sont repartis sur un Maho de haut en bas, mais en étant mis en déséquilibre par le partenaire et en explorant comment ramener la structure sous la tête pour revenir à Maho et éventuellement retourner la situation.

Xavier - Session 3

Cette session a permis d’explorer deux choses: Shiko et l’axe latéral, et la construction anatomique du salut et ses implications, notamment pour Sage Te.

Shiko a été effectué dans un certain nombre de variantes, encore une fois pour explorer différents paramètres. Avec le Bo et dans une forme très large pour sentir la connection en diagonale et le “drop” (pour éviter de pousser dans le sol avec la jambe), puis un Shiko à mains nues les points dans les kuas pour sentir la compression. Ca a été aussi l’occasion de tester quelques application martiales à partir du transfert de poids de Shiko pour rendre le sujet moins obscur.

Nous avons ensuite exploré un Shiko en seiza, une version un peu différente, qui a permis d’explorer une autre forme d’Age Te.

Après Shiko nous avons étudié le salut debout, et son transfert de poids, et son application directe dans Sage Te. Exercice périlleux s’il en est mais heureusement j’avais eu une mini-révélation le matin même. Sage Te est pour moi un point clé de la pratique pour comprendre la gravité. Je ne le comprends pas encore bien mais c’est quelque chose que j’aime utiliser en applications et nous l’avons donc appliqué sur deux clés assez simples.

Filip - Session 4

On a fait Walking Maho en poussant dans la première session? On le fera donc en tirant dans celle-ci. Avec plusieurs étapes. Déjà parce qu’être tiré au niveau du bras implique plusieurs sortes de réactions qu’il faut explorer (laisser tirer le bras, tirer en sens inverse, absorber). En absorbant on apprend à emmagasiner la force, et potentiellement à la ressortir. On absorbe donc, et on finit par suivre, où au contraire on libère comme un élastique sous tension. Ou alors, pourquoi pas, on construit sa sensibilité pour partir en même temps et accélérer sur le partenaire.

Cette session a permis d’explorer une autre version de Maho avec partenaire: Breathing Maho. Sentir la montée et la descente naturelle des bras et le replacement du corps qui l’accompagne.

Mon Sage Te est (relativement) minimal, avec un simple ajustement de structure de quelques centimètres. L’occasion pour Filip de proposer une version “macro” en partant penché vers l’avant les bras dans l’allongement de la colonne et en utilisant cette fois un mix de Shiko et Breathing Maho pour remonter le buste en descendant les bras.





mercredi 9 mars 2016

Aikido chez Léo Tamaki

De passage à Paris, j’en ai profité pour faire un saut au dojo Korindo pour pratiquer sous la direction de Léo Tamaki

Je n’étais encore jamais allé au Korindo meme si j’avais déjà vu quelques photos et que j’en avais évidemment beaucoup entendu parler. L’endroit est je dois dire particulièrement agréable et le dojo lui-même est absolument superbe. C’est également le dojo ou pratique le désormais célèbre Aiki Kohai, que j’ai du coup pu rencontrer brièvement entre les deux cours grâce à l’introduction de Léo.

La pratique de Leo est réputée pour sa douceur et sa précision ainsi que pour l’importance du travail des armes et je dois dire que je n’ai été déçu sur aucun de ces aspects. Le premier cours auquel j’ai participé a justement commencé avec du travail au sabre, d’abord seul puis avec partenaire. Apprendre le mouvement correct de la coupe avec un partenaire qui guide le sabre pour nous est un exercice assez surprenant mais très intéressant parce qu’il permet de prendre la sensation sans utiliser de muscles parasites. J’ai trouvé ça amusant parce que je travaille parfois comme ça avec mes élèves à mains nues mais le fait de le faire avec un boken avait une saveur réellement différente.

Gros travail sur l’intention également, avec une volonté pour Tori de partir dès que le mouvement est initié et non comme on le voit souvent quand le sabre est déjà armé, mais aussi la volonté de transpercer Uke et de le faire ainsi bouger (ou mourir s’il veut rester la…). Le passage à des défenses sur Yokomen s’est fait très naturellement en reprenant les mêmes axes de travail et c’était une bonne occasion de voir les techniques du DVD et de les travailler avec les élèves de Leo.

Le lendemain, le travail a surtout eu lieu aux armes, notamment avec toute une partie sur défenses à mains nues contre sabre. Pas franchement le plus évident comme on peut sans douter, et l’approche de Leo était là aussi particulièrement enrichissante. D’abord en entrant sur Uke en ligne droite et en ne sortant qu’au tout dernier moment, chose qui semble évidente pour beaucoup d’entre nous sur le papier mais que je n’ai très honnêtement jamais vue poussée a ce point. Ensuite en appliquant la technique sur Uke sans qu’il la ressente. Trouver le bon angle chez Uke qui ne provoquera pas de blocage, mais aussi trouver la bonne façon de générer le mouvement pour ne pas créer de tensions et être senti. Aussi surprenant que ça puisse paraitre connaissant ma douceur infinie, mes partenaires m’ont senti bouger… Au contraire Leo a appliqué quelques une de ces techniques sur moi et ça a fonctionné avec une facilite assez incroyable.

J’ai passé un excellent moment. La pratique du Kishinkai est très différente de ma pratique habituelle, beaucoup plus légère, et c’est évidemment toujours très difficile pour moi d’essayer de reproduire les exercices proposes et de sortir de mes habitudes. C’est également très enrichissant car je suis convaincu que c’est en sortant de son cadre de pratique et en acceptant des approches différentes de la sienne que l’on avance. Si je suis incapable de reproduire une seule des techniques vues lors de ces deux soirées, je suis reparti la tête et le corps plein d’idées et d’inspiration. Merci à Leo et à ses élèves.