mardi 12 mai 2015

Initiation aux techniques d’avant-guerre

L’Aikido est souvent critiqué (pas toujours à tort) pour son manque de martialité et sa connivence entre Tori et Uke. Pourtant lorsque l’on entend parler du fondateur ou des origines de l’art, et notamment du Daito Ryu Aikijujutsu, le son de cloche est généralement différent.

A titre personnel, je suis convaincu qu’il est difficile de comprendre l’Aikido actuel sans avoir au moins quelques notions de ce qu’il a été. C’est une chose de dire que les techniques ont été modifiées pour permettre une pratique sans danger, c’en est une autre de n’avoir aucune idée de ce que ces techniques pouvaient être avant d’être modifiées, car ces détails éclairent parfois grandement les techniques.

Samedi lors de mon cours d’Aikido, j’ai donc proposé à mes camarades une initiation aux techniques d’avant-guerre, en l’occurrence celles du Yoseikan de Mochizuki sensei que nous travaillons en Nihon Tai Jitsu. Cela incluait notamment trois variations sur Yuki Chigae (Sankyo), dont deux avec clés de doigts, une variation de Kote Gaeshi depuis une poignée de mains, deux variations à partir de Shiho Nage (un viens-donc/hikitate et un étranglement).

La session a été ponctuée de cris de douleur, mais aussi de rires. En général de la part de ceux qui regardaient leur camarade subir la technique. Malgré la douleur, liée aussi en grande partie à une réaction psychologique de panique face à des sensations nouvelles, je crois qu’ils ont vraiment apprécié la découverte et j’ai eu de nombreuses questions à la fin de l’entrainement sur les différences d’approche.

C’était la première fois que je montrais quelque chose de « technique », mes interventions précédentes ayant été principalement centrées sur l’utilisation du corps, et ce fut une excellente première fois, pour moi comme pour eux.