mercredi 31 décembre 2014

Bilan 2014

Les années du cheval sont traditionnellement des années d’opportunités et c’est ce que je souhaitais faire de cette année en commençant par le fait que débuter l’année sans emploi allait me permettre de me concentrer sur d’autres choses, et notamment ma pratique martiale.

L’année a débuté en France, et c’est aussi là qu’elle finira. Suite au stage de Nort-sur-Erdre de l’an dernier, qui m’avait permis de compléter un cycle et de comprendre mieux certains principes, je souhaitais les développer plus en profondeur au cours de l’année. Fred m’y a aidé dès les premiers jours de l’année lors de mon passage à Toulouse et ma pratique s’est axée sur ces points au cours de l’année.

Du temps libre

Le temps est toujours ce qui manque le plus aux gens. J’ai eu la chance l’an dernier d’en avoir pendant plusieurs mois, de mi-novembre à fin mai. Au cours de cette période j’ai ainsi pu voir Akuzawa sensei 4 fois: au Japon en décembre et avril, à Hong Kong en mars et en mai en Corée. J’ai aussi pu venir en France donner un stage à Nort-sur-Erdre et travailler avec Romain, ainsi que passer voir Fred.

Avoir des journées entières libres a aussi été l’occasion pour moi de m’entrainer plus, avec des séances quotidiennes de Yoga et d’Aunkai et des séances complètes à l’Aikido quand je ne pouvais jusque là faire que la moitié des séances en semaine. Les progrès venant toujours à force de pratique, ils sont venus assez rapidement et cette période m’a réellement aidé à consolider ce que j’avais initié en 2013.

Ce temps libre a aussi été l’occasion de démarrer l’écriture d’un livre en anglais sur le Nihon Tai Jitsu, pas encore fini, mais qui permettra au moins à mes élèves (et à ceux que ça intéresse) d’avoir une ressource en anglais sur l’histoire, les principes et les techniques de base de l’école telle que je la comprends.

Du renouveau dans les effectifs

Cette année a aussi été l’occasion d’un renouvellement dans mes effectifs. Certaines personnes ont malheureusement arrêté (départ de HK ou problème physique), un pratiquant qui était venu lors de ses vacances d’été est revenu s’entrainer avec nous dès son retour définitif à Hong Kong, de nouvelles personnes ont essayé et un certain nombre sont pour le moment restées. En fin d’année nous étions régulièrement 5-6 personnes sur les tatamis le dimanche, un nombre encore assez faible mais en nette progression.

Ca a aussi été l’occasion de promouvoir l’un de mes élèves au 3e kyu. Je crois qu’il a maintenant les bases pour progresser fortement et sa compréhension de ce que j’enseigne est déjà excellente même si son application n’est pas encore au même niveau.


Du partage

Cette année m’a également permis de partager ma pratique, qu’il s’agisse d’Aunkai ou de Nihon Tai Jitsu. Tout d’abord en invitant Akuzawa sensei et en permettant à des gens extérieurs à mon groupe de rencontrer un pratiquant exceptionnel et de toucher du doigt son enseignement.

J’ai aussi eu la chance de donner deux cours dans les nouveaux territoires au groupe de Karaté d’un de mes amis, ainsi que de partager quelques éléments d’Aunkai avec mes amis dans mon nouveau dojo d’Aikido. C’est possiblement une graine plantée pour le prochain passage d’Akuzawa sensei à hong Kong.

Comme l’an dernier je suis aussi retourné avec un immense plaisir à Nort-sur-Erdre pour partager ma pratique. L’occasion comme l’an dernier de regarder en arrière et de vérifier mes progrès et la cohérence de mon enseignement face à un public nombreux et qualifié. L’occasion aussi de retrouver mes amis et de voir leurs progrès, parfois phénoménaux.


Un changement imprévu

Comme évoqué il y a quelques semaines, j’ai aussi été expulsé de mon dojo d’Aikido cette année et donc rejoint un nouveau dojo ouvert par des amis. Comme toujours un changement crée une opportunité et mieux vaut s’en réjouir.


L’année a été chargée en termes de pratique et il m’a fallu mettre un gros coup de frein en décembre suite à des douleurs régulières et une fatigue générale qui m’a permis d’attraper tous les microbes qui passaient. Au final au cours de l’année, j’aurais fait 90 entrainements de NTJ, 85 d’Aikido, 267 d’Aunkai et 279 de Yoga. Rétrospectivement je peux dire que je n’ai pas chômé.

mercredi 24 décembre 2014

Stage de Nort sur Erdre - Décembre 2014

J’étais comme l’an dernier à Nort sur Erdre le dernier week end de l’année pour un stage de Noel. L’occasion pour moi de retrouver mes amis et de passer un bon moment sur les tatamis. L’occasion aussi de vérifier mes progrès avec un groupe de pratiquants de qualité, et de voir en parallèle l’évolution de Romain. Un beau programme donc.

Contrairement à l’an dernier, Nantes a été ma première destination française. J’y suis arrivé le vendredi en début d’après midi après 24 longues heures de voyage, sans vraiment dormir puisque les fêtes de Noel sont traditionnellement l’occasion pour tous les mouflets français de Hong Kong d’aller rencontrer leurs familles en France. Autant dire que mon niveau de fraicheur laissait quelque peu à désirer.


Beaucoup de monde et quelques surprises


Faire un deuxième stage n’est pas forcement évident. Le premier s’était vraiment passé et j’espérais faire au moins aussi bien cette année, ce qui voulait dire éviter le risque de se répéter, apporter des choses nouvelles tout en gardant une certaine cohérence avec l’édition précédente.

La première bonne surprise pour moi a été de voir que nous étions un peu plus nombreux que l’an dernier (23 personnes sur les deux jours), dont des pratiquants venus de loin: Arnaud et Guillaume du NTJ respectivement de Niort et Bordeaux, et Manu qui était mon sempai en Hankido et qui m’a fait la surprise de débarquer d’Orléans.


Le groupe du samedi


Malgré la fatigue

Après un voyage difficile et avec 7h décalage horaire dans les pattes, je n’étais pas au mieux de ma forme physiquement et mentalement le samedi. J’ai senti plusieurs fois que mon corps se tendait plus que d’habitude et la dernière heure j’ai un peu lutté pour ne pas m’effondrer. Malgré cela, l’énergie et l’enthousiasme des participants m’a vraiment donné un coup de fouet. Quel plaisir de se retrouver entouré d’autant de personnes passionnées, qui posent des questions, cherchent, testent.

Le dimanche a été moins laborieux, après une bonne nuit de sommeil et l’aide de Patrice qui m’a remis d’aplomb avec une bonne séance de Shiatsu. La fatigue jouant probablement un rôle, j’ai fait moins de blagues que l’an dernier. J’ai aussi été moins grossier et rien que ça c’est déjà une belle réussite.


Les principes avant tout


Comme toujours, je n’avais pas préparé mon intervention. J’avais gribouillé sur un ticket de caisse avant de partir les principes que je souhaitais évoquer et j’ai brodé dessus pendant les deux jours. Les techniques ont pour moi une importance toute relative, a fortiori en enseignant à des gens d’autres écoles. Les principes et la façon d’utiliser le corps ont en revanche la capacité d’être universels et d’être appliqués au-delà des techniques.

C’est donc 5-6 principes qui furent travaillés sur 2 jours (l’ensemble a été vu chaque jour avec des applications différentes pour que tout le monde puisse avoir un aperçu de l’ensemble). Toutes les applications possibles n’ont bien sur pas été vues, mais c’est à mon avis quelque chose qui doit venir des pratiquants eux-mêmes et non de moi.

J’ai aussi profité de ce stage pour discuter longuement avec Romain et Manu de ces principes et de leur façon de voir les choses. C’est pour moi très amusant de voir que malgré la distance et le fait que nous pratiquons des écoles différentes nos visions et les résultats obtenus sont très proches. Parfois avec des mots différents mais avec au final une approche assez similaire.


Manu et Romain, deux pratiquants de grand talent
Je n’irai pas plus loin dans ce compte rendu, à part pour dire que l’année ne pouvait pas se finir de meilleure façon. Merci à Romain et au Nac Hapkido pour l’accueil et l’organisation. Merci à Patrice pour m’avoir remis d’aplomb et être venu nous voir pratiquer de longues heures alors que lui ne pouvait malheureusement pas. Merci à Manu, Arnaud et Guillaume d’avoir fait autant de route pour ce stage. Merci aussi à tous mes amis qui sont venus pratiquer dans la joie. Lundi a été difficile physiquement, j’imagine que ce fut le cas pour un certain nombre d’entre nous.

mercredi 10 décembre 2014

Nouvelles technologies vs. Structure



La pratique martiale, du moins telle que je la comprends, comprend notamment un travail important de posture/structure afin d’utiliser les forces au mieux et donc de gagner en efficacité. Ce travail sert notamment à rééduquer le corps dont l’utilisation quotidienne n’est pas toujours optimale.

Elle l’est d’autant moins que l’utilisation excessive des nouvelles technologies crée de nouvelles pathologies. J’avais récemment parlé de ma tendinite au pouce, venue en utilisant trop souvent mon smartphone pour écrire des caractères chinois. Je vais parler aujourd’hui d’une autre pathologie, probablement plus ennuyeuse sur le long terme : le « text-neck ».


L’utilisation des smartphones à HK est extrême. A tel point qu’un message dans les stations de métro dit « don’t keep your eyes only on your mobile phone » (ne gardez pas les yeux rivés uniquement sur votre mobile). La raison première de ce message est d’éviter les gens qui se rentrent dedans ou bloquent le trafic, mais les problèmes de cette utilisation abusive vont plus loin. Il suffit en effet de quitter son écran des yeux quelques secondes pour voir que 90% des voyageurs sont plongés sur le leur, main à hauteur du coude, nuque penchée vers l’avant. Plusieurs heures par jour, tous les jours, je vous laisse imaginer les conséquences.

J’ai trouvé ce schéma sur un site espagnol et il me semble assez parlant. Pencher la tête à 60 degrés mettrait une pression équivalente à celle d’un poids sur la tête de 27kgs. Un angle de 0 degrés en revanche correspondrait à environ 5 kgs.



Pour que le travail de structure ait vraiment une efficacité, il me semble assez évident que cela doit s’accompagner d’un travail de tous les instants. Quel est l’intérêt de faire des heures de yoga, de maho ou de posture de l’arbre, si c’est pour au final détruire tout ce travail a la première occasion des que l’on regarde son téléphone ou son ordinateur ?