mercredi 30 avril 2014

Renforcer ses poignets

Les poignets sont mis à rude épreuve lors de la pratique martiale (saisies à répétitions, clés parfois très appuyées par des partenaires trop enthousiastes) mais aussi malheureusement dans notre vie quotidienne quand on a le malheur de passer trop de temps devant un ordinateur, avec une position parfois peu adaptée.

J’ai de base une ossature légère et des poignets relativement fragiles qui me font parfois souffrir, mais également des mains relativement petites qui ont longtemps limité ma capacité à saisir correctement. J’ai longtemps cherché un moyen d’améliorer mes saisies, sans grand résultat, et si je me suis tourné il y a quelques années vers une approche plus globale du corps, les poignets et les avant bras sont peut être la seule partie de mon corps qui bénéficient encore d’un travail spécifique. Vous trouverez ci-dessous quelques méthodes que j’utilise ou que j’ai utilisées dans le passé, en espérant qu’elles pourront aider quelques personnes.


Quels muscles travailler?

La première question à se poser avant d’entamer un travail spécifique de renforcement est de se demander quels muscles on veut travailler et dans quel but. En l’occurrence pour améliorer sa capacité de préhension tant dans le poignet que dans les doigts, la grande majorité du travail se passe dans l’avant bras, sur les muscles extenseurs et fléchisseurs. Un moyen simple de repérer ses muscles est de mettre doucement ses doigts en mouvement et d’observer son avant bras. Le travail concerne donc une zone bien plus large que la simple main.



La Powerball

J’ai utilisé une powerball pendant quelques années, sans grand résultat en dépit de l’excellente réputation de l’engin et de ses qualités, et ce pour plusieurs raisons:
  • la powerball est un engin relativement bruyant, ce qui limite son utilisation lorsque l’on n’est pas seul)
  • pour des petites mains la boule est un peu grande et donc difficile à maintenir à une vitesse élevée
  • elle finit par s’encrasser et il faut donc la démonter de temps en temps pour enlever les poussières qui réduisent don efficacité
Au final je n’ai utilisé ma powerball que lorsque j’avais des douleurs, donc plus comme rééducation que comme outil de renforcement préventif.



Les boules chinoises

J’ai découvert les boules chinoises à Hong Kong et j’ai apprécié leurs nombreux bienfaits. Ces boules se tiennent dans la paume de la main et l’on effectue un mouvement de rotation dans le sens des aiguilles d’une montre ou dans le sens inverse. Parmi les bienfaits de ces boules, on compte:
  • renforcement des mains et des doigts
  • amélioration de la souplesse et de la coordination (un sens de rotation étant souvent problématique)
  • Stimulation des points réflexes de la main
Silencieuses ou faisant un léger tintement, ces boules sont pratiques à utiliser sans déranger ses voisins.




points réflexes de l'intérieur de la main

Bobine d’Andrieu

La bobine d’Andrieu faisait partie de mes exercices de base lorsque j’ai pratiqué le Hankido en Corée. Un simple bâton avec une corde et un poids, que l’on fait monter et descendre en utilisant ses poignets en pronation ou en supination. C’est un exercice simple, efficace mais qui a quelques contraintes puisqu’il est difficilement transportable et que si la corde lâche et que votre sol est en carrelage vous risquez d’être passablement énervés. 




Stress ball

J’ai un temps utilisé une stress ball classique au bureau, mais la forme ronde et la densité de la balle ne m’apportaient rien et étaient même je pense contre productives. J’ai finalement décidé d’en acquérir une faite pour la rééducation, dont la forme est appropriée à la forme de ma main et dont la densité est telle que ma saisie peut faire travailler mes muscles en profondeur et de façon progressive. C’est aujourd’hui l’outil qui a ma préférence puisqu’il peut être transporté partout et que je peux donc m’en servir dans le métro, dans la rue, etc.

A défaut de balle, rien n’empêche de réaliser le même exercice en saisissant et relâchant son autre avant bras. Excellent exercice pour travailler les saisies et qui ne demande aucun matériel. 



De nombreuses autres méthodes

Les possibilités pour travailler cette partie du corps sont nombreuses et un peu d’imagination suffit pour trouver de nombreux exercices ludiques pour renforcer ses poignets, le tout étant de pratiquer ces exercices quotidiennement.
  • rouler une feuille de papier en boule d’une seule main et la re-déplier, en répétant l’exercice de nombreuses fois
  • ouvrir et fermer la main des centaines de fois pour activer les muscles extenseurs et fléchisseurs. Cet exercice peut aussi se faire en ramenant les doigts avec un mouvement circulaire, en partant du plus petit
  • utiliser des outils comme le furibo, le bo, ou tout simplement des outils agricoles ou de maçonnerie si vous êtes manuel
  • effectuer des frappes sur makiwara, mais cela suppose que vous n’ayez pas de douleurs ou de problèmes aux poignets








mardi 15 avril 2014

Mon voyage au Japon en photos

Comme promis, voici quelques images de mon dernier séjour au Japon, qui vous donneront j'espère envie de (re)visiter ce beau pays.

On commence par la région du Kansai avec Koya San où il y avait... de la neige! Et oui nous sommes à 1000m d'altitude et il y a eu une tempête de neige le week-end précédent.



Je me suis ensuite rendu à Yoshino, également en montagne, spot réputé pour les Sakura et dont le point de vue est fabuleux, une fois qu'on a réussi à en trouver le chemin (et croyez moi tout est fait pour que ça n'arrive pas).






Avant de repartir, je suis également monté en haut de la nouvelle tour d'Osaka, la Abeno Harukas 300, qui donne un beau point de vue sur la ville, et qui abrite également un jardin à 300m de haut.



J'ai pris assez peu de photos à Tokyo, étant surtout retourné dans des endroits que je connaissais déjà. En revanche j'ai profité de cette étape pour aller découvrir Kamakura et son Daibutsu que je n'avais pas encore eu l'occasion d'admirer. La ballade en forêt pour y accéder est relativement facile et courte et donne l'occasion de sortir un peu de Tokyo et de son animation. C'est aussi une bonne occasion de découvrir à quoi ressemblent les plages de la banlieue de Tokyo.





lundi 14 avril 2014

Nouveau DVD "Aunkai Basics - Going Deep"

Les pratiquants d'Aunkai le savent, la méthode a beaucoup évolué ces dernières années, au point que si le premier DVD est toujours utile il est parfois un peu dépassé. On pourrait donc penser que ce nouveau DVD, qui revient notamment sur les tanren de base shiko, maho et TCJ ainsi que push out, est une simple mise à jour. Il est bien plus que cela à mon avis.


Je n'ai pas eu le temps de creuser très profondément tous les éléments abordés dans ce DVD puisque je ne l'ai que depuis quelques jours mais il me semble très différent dans son approche, beaucoup plus interne. En effet Akuzawa sensei y apporte énormément de détails sur ce qui se passe à l'intérieur du corps lors des exercices solo ou avec partenaires, alors que les précédents ne faisaient qu'effleurer le sujet. On y redécouvre les exercices de base (avec de nouvelles versions), ainsi que le travail au Bo et des exercices de type age-te qui n'étaient pas dans les DVDs précédents.

En revanche si c'est un must pour les aficionados de la discipline, il est peut être trop pointu pour un débutant qui n'en serait qu'à découvrir la forme extérieure de la pratique.


Aunkai à Tokyo

Profitant du passage de Gael de Kanpai et d'un groupe de pratiquants de Nihon Tai Jitsu au Japon, j'ai passé la semaine dernière à Osaka et Tokyo. J'en ai bien sur également profité pour aller m'entrainer chez Akuzawa sensei. Je reviendrai dans un autre article sur les visites effectuées lors de ce séjour, qui vous donneront peut être envie à votre tour d'aller (ou de retourner) au Japon.

C'est la troisième fois que je vois Akuzawa sensei depuis décembre mais sa pratique et celle de ses élèves reste toujours stupéfiante. Cette fois, plus que sensei, c'est Mike qui m'a réellement donné des pistes de travail. Non content de faire deux têtes de plus que moi et le double de mon poids, Mike est également très bien structuré et sa compréhension s'affine de plus en plus. Il m'a cette fois donné de nouvelles indications sur la réalisation de Ten Chi Jin, notamment sur l'action des bras, des épaules et de la poitrine, et j'ai découvert de nouvelles choses même si je suis encore bien loin d'en saisir la portée ou d'arriver à les réaliser.

Une des grandes forces d'Aunkai réside dans ses élèves. Il n'est en effet pas rare de voir un maitre prodigieux avoir des élèves moyens qui passent complètement à côté en copiant simplement la forme. Les élèves avancés d'Akuzawa sensei au contraire sont des chercheurs qui essaient véritablement de comprendre ce qui leur est présenté et en ressortent avec leur propre compréhension et leur propre ressenti. Voir la pratique à travers leurs yeux et leurs filtres est d'une richesse incroyable et je suis heureux d'avoir accès à ça.


mercredi 2 avril 2014

Les bénéfices du travail lent

J'ai eu pendant de nombreuses années une pratique que l'on pourrait qualifier d'externe et qui reposait sur des qualités athlétiques. Qualités que je m'efforçais d'ailleurs de développer, à grands renforts de pompes, abdominaux et footings. Je me souviens encore avec une certaine nostalgie de ces premières années où un entrainement dont je rentrais sans douleur n'était pas un entrainement. Non pas parce que ces douleurs me manquent, mais parce qu'il est toujours intéressant de s'arrêter et de regarder en arrière, avant de pouvoir reprendre sa route.

Je pratiquais mes techniques vite et fort, pensant que c'était là la clé de l'efficacité. Une pratique au final un peu bourrine dont seul le résultat comptait. Je ne crois pas avoir ne serait-ce que considéré la possibilité d'un travail lent et plus interne à cette époque.

Ce n'est que beaucoup plus tard que j'ai compris l'intérêt du travail lent. D'une part en essayant le Tai Chi et le Liu He Ba Fa (même si ce ne fut que des cours d'essai), d'autre part en découvrant plus tard les bénéfices de l'interne via le Yoga et Aunkai, enfin en découvrant une autre approche de l'Aikido à Paris grâce à Yannick Le Fournis et Léo Tamaki.

Depuis quelques temps j'encourage mes élèves à pratiquer lentement, mais à vitesse constante, plutôt que de manière rapide et saccadée. La pratique lente permet de mieux comprendre son propre corps, comment bouger et l'impact généré sur Uke. Plutôt que de se concentrer sur le résultat, réduire la vitesse et se concentrer sur les sensations permet de mieux comprendre les principes de la pratique, les axes du corps, les notions de déséquilibre et bien d'autres choses encore. Une fois tous ces éléments mis en place et les mouvements parasites éliminés, la vitesse peut naturellement venir. Au contraire comme le disait très justement l'un de mes élèves la semaine dernière "en pratiquant vite, on entraine surtout ses erreurs".