lundi 30 décembre 2013

Bilan 2013

Les années du serpent sont traditionnellement des années de grands changements, et je souhaitais donc qu'il en soit de même dans ma pratique et dans ma vie en général. J'avoue ne pas avoir été déçu avec un mariage, une perte d'emploi et une pratique qui a complètement changé au cours de cette année. Avec deux séjours en France et trois au Japon au cours de l'année, sans compter les stages à Hong Kong, l'année a été chargée.

Hong Kong

J'ai pour la première fois tenu les comptes de mes entrainements d'Aikido et NTJ à HK. Avec 79 cours de NTJ et 71 d'Aikido, j'ai du passer environ 250 heures sur les tatamis. A ces heures s'ajoutent mes entrainements personnels quotidiens en Aunkai et Yoga, que je n'ai pas comptés.

C'était ma première année complète d'enseignement et j'ai vu de réels progrès chez mes élèves. Le cadre de nos cours a aussi fortement évolué puisque nous avons accès à un vrai dojo une fois par semaine, ce qui a encouragé le groupe à s'entrainer plus fréquemment. Si le groupe est resté relativement petit il s'est quand même agrandi au cours de cette année, et notamment avec la présence de pratiquants avancés, gradés dans d'autres disciplines qui ont activement participé.

L'année a aussi été l'occasion de participer à quelques stages et aussi d'en organiser un. Endo sensei est venu le premier, au mois de février. Ce stage ne m'a objectivement pas apporté grand chose à part des douleurs aux genoux et je n'ai pas accroché. Machii sensei est venu quelques mois plus tard et nous a présenté un magnifique travail au sabre et à mains nues, qui continue à éclairer ma pratique aujourd'hui. Enfin Romain et Patrice sont venus au mois d’août pour un stage commun Hankido / Nihon Tai Jitsu, l'occasion de se retrouver, d'échanger et de voir nos évolutions respectives.

Japon

J'avais commencé l'année par un séjour à Tokyo chez Akuzawa sensei, je l'ai finie de la même manière. Les changements entre les deux sessions ont en revanche été notables. En février, tout ou presque était incorrect. Mes postures étaient à revoir et j'étais incapable de bouger un seul élève d'Akuzawa sensei alors qu'eux me bougeait très facilement. Ce séjour me permit de comprendre de nouvelles choses que je me suis efforcé de mettre en place dans les mois qui ont suivi. En décembre, ma forme était bien meilleure et ma structure plus solide. Pour la première fois j'ai eu l'impression d'aller dans la bonne direction.

Comme l'an dernier, je suis allé à Kyoto pour le festival du Seibukan et du Soburen. Ce fut l'occasion de passer mon 4e dan, mais aussi de recevoir un prix assez inattendu pour ma démonstration lors du festival. Le tout dans des conditions assez particulières puisque me mariant la semaine précédente je n'avais pas tout à fait la tête à ce que je faisais.

France

Cette année a aussi été ponctuée par deux séjours en France. Comme à chaque fois je suis allé m'entrainer au Kishinkan/Masamune dojo, et pour la première fois j'y ai rencontré Léo Tamaki. Comme toujours j'ai passé un très bon moment à pratiquer l'Aikido et l'Aunkai dans ce dojo, dont la pratique est certainement l'une de celles qui me parlent le plus.

En avril, ma visite était motivée par le stage de Washizu sensei, du Gyokushin ryu. Un maitre dont j'apprécie autant les qualités martiales que la simplicité. Ce fut l'occasion de revoir tous mes amis du NTJ, mais aussi de comprendre certains principes déjà mis en avant par Akuzawa sensei deux mois plus tôt.

Enfin l'année s'est terminée par mon premier stage officiel en France, à Nort sur Erdre chez Romain. Un excellent moment dont je garderai surement un excellent souvenir pendant de longues années.

Vingt fois sur le métier...

Au cours de cette année, les choses se sont doucement mises en place. Initiées par Akuzawa sensei, je les ai progressivement comprises, jusqu'au premier déclic d'avril suite à mes entrainements avec Yannick/Leo et au stage de Washizu sensei. A mon retour à Hong Kong, j'ai pu reprendre à zéro ma pratique du NTJ pour y incorporer ces principes. Tout recommencer à partir d'une nouvelle idée m'a permis je crois de passer à l'étape suivante de ma pratique. Mon passage à Tokyo et le stage de Nort sur Erdre qui a conclu l'année m'ont ensuite permis de valider le travail de l'année et même de comprendre de nouvelles choses que je n'avais qu'effleuré, et ce notamment grâce aux nombreux stagiaires présents qui m'ont servi de cobayes.

Comme le disait Nicolas Boileau:
Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. 

J'attends maintenant avec impatience l'année 2014, qui commencera forcément bien puisque je passerai les premiers jours à Toulouse avec Fred.


vendredi 27 décembre 2013

Retour sur le stage à Nort sur Erdre (44)

Je donnais les 21 et 22 décembre un stage de Nihon Tai Jitsu à Nort sur Erdre, à quelques kilomètres au nord de Nantes. Contrairement aux précédents stages que j'ai pu donner dans le passé, celui-ci était relativement long: 9 heures d'entrainement étalés sur deux jours, et je savais que le niveau risquait d'être élevé connaissant la qualité de l'enseignement de Romain au Nac Hapkido. Je voulais profiter de ce stage pour apporter des choses nouvelles (mais compatibles) aux élèves de Romain, mais également à lui.

Le programme était plus ou moins réparti suivant 4 grandes idées directrices:
- samedi matin: te hodoki et tai sabaki (utilisation des axes, prendre la place de l'autre, etc.)
- samedi après midi: travail d'enchainements avec réaction de uke, avec notamment un paquet de sutemi
- dimanche matin: travail sur saisies en enlevant les tensions au point de contact
- dimanche après midi: armes (couteau/ sabre/jo)

La partie aux armes est celle qui peut sembler la plus surprenante puisque le NTJ ne pratique pas les armes (mais uniquement les défenses contre armes). En revanche je crois qu'il est important de remettre les techniques dans leur contexte et que les armes peuvent parfois révéler de nombreux détails techniques et s'avérer être des outils précieux. Je suis le premier à reconnaître ne rien connaître au sabre, et à peine plus au couteau, mais malgré tout le travail de certains te hodoki au sabre permet de comprendre certaines choses et c'est dans cet esprit que nous l'avons utilisé. De même pour le couteau, qui permet de mieux comprendre les te hodoki (pour désarmer ou pour libérer la main qui tient l'arme) mais également de travailler avec plus de contraintes: distance plus longue, risque de se trancher soi-même sur un mauvais déplacement, etc. Certaines techniques à mains nues réalisées plus tôt dans le week-end ont d'ailleurs été appliquées directement avec sabre et/ou couteau. Le Jo a, quant à lui, servi d'outil de formation du corps.

Ce week-end a aussi été pour moi l'occasion de comprendre plus largement certains principes que j'utilisais jusqu'ici seulement avec parcimonie. J'ai eu l'occasion de les tester sur une vingtaine de pratiquants enthousiastes et bien formés, ce qui m'a permis de vérifier leur validité. Une nouvelle façon de faire qui a surpris mes partenaires qui n'ont pas toujours compris pourquoi et comment ils ne pouvaient pas chuter alors que leur colonne vertébrale semblait s'effondrer sur elle-même après un contact pourtant relativement léger. Je sais désormais quelle direction va prendre ma pratique pour l'année qui vient.

Je ne vais pas revenir sur l'ensemble du stage qui a été relativement chargé, mais plutôt en profiter pour remercier Romain, Patrice et tous les participants pour l'organisation, leur entousiasme et leur temps. Je ne m'attendais pas à voir autant de monde sur les tatamis le dernier week-end de l'année. Merci à vous.









mercredi 18 décembre 2013

Passage à Tokyo - Enfin des résultats

Profitant de mes vacances prolongées, je me suis rendu quelques jours à Tokyo pour m'entraîner sous la direction d'Akuzawa sensei. Comme à chaque fois le séjour fut relativement court (3 sessions de 4-5 heures) mais comme toujours ce fut très enrichissant.

Mais ce séjour ne fut pas exactement comme les autres. A part à mon 2ème passage qui avait eu lieu juste un mois et demi après le premier, chaque passage me donnait l'impression d'être à côté de la plaque, et que les progrès perçus pendant les mois précédents n'étaient qu'une illusion. En revanche je voyais clairement les progrès fulgurants de sensei et de ses élèves. C'était donc à la fois enrichissant et frustrant. Pour la première fois, je n'ai pas vu de contradiction entre ma compréhension depuis début 2013 et ce que sensei m'a expliqué. Au contraire, ça a même été une confirmation de mes axes de travail. Bien sur il reste encore beaucoup de progrès à faire et de choses à assimiler mais la direction générale semble bonne. Au delà des principes, la différence corporelle était nette par rapport à février. Lors des exercices de Kuzushi avec Jo, je n'avais pu bouger que les gens extérieurs au groupe d'élèves de sensei, tous ses élèves me jetant au sol avec une grande facilité. Ce ne fut pas le cas cette fois et j'ai même été surpris de voir que Miyagawa San n'arrivait pas à me projeter (il va sans dire que je n'ai pas réussi à non plus à le mettre en difficulté). J'ai aussi eu quelques commentaires de sensei sur ma forme de corps qui a indéniablement changé. Il a confirmé que la prochaine étape serait de bouger de l'intérieur. Quelque chose qui est loin d'être gagné pour le moment.

En termes de contenu, nous sommes revenus sur Shiko (et sa nouvelle version, moins rude pour les genoux), l'utilisation des axes et le fait de laisser tomber le haut du corps. Nous avons ensuite travaillé beaucoup d'applications. Chose que nous avions commencé à faire en février. Les élèves de sensei m'ont d'ailleurs confirmé qu'il leur avait aussi fallu du temps avant d'accéder à cette partie, probablement parce qu'il ne sert à rien de les travailler avant que le corps soit en place.

Ma visite est également bien tombée puisque le dîner annuel d'Aunkai avait lieu samedi soir. Une bonne opportunité de discuter avec les différents élèves. 

mercredi 11 décembre 2013

Documentaire sur le Gyokushin Ryu Aikido

Suite au stage d'avril organisé à Paris par l'EFNTJ avec Washizu sensei, Lionel Froidure a réalisé un documentaire sur Washizu sensei et le Gyokushin Ryu Aikido. Documentaire divisé en deux parties: le stage à Paris puis les entrainements à Shizuoka.

Le DVD sera disponible en mars 2014, mais en le pré-commandant dès maintenant il est possible de voir la version TV (52 minutes) en VOD. Le DVD contiendra quant à lui 20% de contenu supplémentaire.

Je viens de passer 52 excellentes minutes. Tout d'abord à revoir les images du stage et à me remémorer ces bons moments. Ensuite à voir les différentes interviews des participants (dont la mienne et il est triste de voir que je ne suis toujours pas télégénique) et les impressions du maitre sur ce premier séjour hors du Japon. Enfin à revoir le dojo de Shizuoka, son atmosphère, et à entendre les anecdotes des anciens. J'ai maintenant hâte de voir le DVD!

lundi 9 décembre 2013

Vidéos de O'Sensei

Si l'on trouve de plus en plus de vidéos du fondateur de l'Aikido en ligne, elles restent en général assez dispersées et relativement courtes. J'ai trouvé par hasard ce week-end ces deux vidéos, qui sont des compilations de nombreuses vidéos disponibles. J'en avais déjà vu certaines, mais j'ai eu le plaisir de découvrir de nouveaux extraits



jeudi 5 décembre 2013

Ukemi: fort et souple à la fois


Les Ukemi sont souvent considérés comme des chutes. Ils sont pourtant bien plus que cela. 受け(Uke) renvoie à la personne qui reçoit la technique. Le kanji 受 représente deux mains qui échangent un objet et transmettent l'idée de recevoir, alors que け est l'hirigana ke. Le verbe Ukeru, à l'origine d'Ukemi signifie donc recevoir. Le dernier kanji 身 représente le corps.

L'ukemi consiste donc à recevoir avec le corps. Mais recevoir quoi et comment?

Le rôle d'uke ne doit jamais être passif. Il est celui qui permet l'action et donc celui qui donne à Tori les clés de sa progression. Plus qu'une simple victime consentante, Uke a le devoir de placer Tori dans les meilleures conditions d'apprentissage, en respectant les principes de distance, d'engagement et d'auto-préservation. Si l'attaque d'uke et ses réactions ne sont pas réalistes, la défense de tori ne le sera pas non plus.

Chuter pour éviter la fracture

Dans ce cadre, l'ukemi a deux buts. Le plus évident est la protection de Uke en lui permettant de recevoir la technique sans se blesser. Les techniques devenant plus dangereuses en progressant, il est nécessaire de pouvoir les recevoir pour garantir une pratique sûre. Le second point est de permettre à tori de travailler sans se soucier de uke. Il peut exécuter sa technique plus rapidement, avec un meilleur timing, si uke est capable de la recevoir sans se blesser.

Mais au-delà de ces deux points, l'ukemi est un superbe outil de formation du corps qui nécessite de relâcher le corps tout en conservant une certaine présence. Trop relâché et la tête frappe le sol. Trop tendu et l'impact au sol devient beaucoup plus douloureux. Cette juste tension est toujours difficile à trouver, notamment chez les débutants qui ont tendance à soit utiliser toute leur force musculaire, soit à devenir tout mous. En tant qu'uke, chacune de ses deux options appelle une sanction immédiate lors de l'ukemi, encourageant l'élève à s'ajuster et à trouver la juste utilisation de la force et de la souplesse.


L'ukemi peut aussi, je pense, être un excellent exercice de sensibilité selon comment il est utilisé. Il est par exemple courant en Aikido d'anticiper très légèrement son ukemi par rapport à l'action de tori pour éviter une "cassure" dans le mouvement et conserver une certaine fluidité. Cette approche permet d'une part une meilleure préservation de uke (qui subit moins la technique) et d'autre part une meilleure sensibilité de uke à l'action de torils en l'encourageant à sentir à quel moment la chute va arriver pour lui permettre d'anticiper. Sensibilité qui permettra par la suite le travail des kaeshi-waza.



mardi 3 décembre 2013

Retour sur quatre ans de Yoga

Je viens de réaliser que j'ai fait mon premier cours de Yoga il y a aujourd'hui 4 ans. Ma pratique n'a pas toujours été très intensive mais j'ai essayé de pratiquer au minimum 2-3 fois par semaine afin d'assouplir mon corps, en complément de la pratique d'Aunkai, de l'Aikido et bien sur du NTJ.

Après ces quatre années, si je n'ai toujours pas le corps d'un Yogi accompli, les changements sont notables: plus de problèmes de dos, meilleure verticalité, plus grande souplesse et plus grande conscience de mon corps. Il est difficile de dire ce qui vient du yoga et ce qui vient d'Aunkai à ce niveau, mais avec le temps ces deux pratiques sont réellement devenues complémentaires pour combler mes lacunes, et d'une certaine façon se sont enrichies l'une l'autre.

Depuis quelques semaines, je redécouvre ce que signifie avoir du temps libre, et mes entrainements se sont donc intensifiés pour me permettre de pratiquer chaque jour Yoga et Aunkai, mais aussi d'être sur les tatamis 5 jours par semaine. En ce qui concerne le Yoga, je suis passé récemment au Power Yoga, une version américaine du Ashtanga, un yoga dynamique et beaucoup plus physique que le Hatha Yoga. Je conserve une séance de Hatha par semaine pour travailler uniquement la souplesse. Pourquoi du Power Yoga? Déjà parce que j'avais l'impression depuis quelques temps qu'il était temps de redonner un peu de puissance physique à mon corps, mais que je veux conserver une approche holistique. Ensuite parce que ça reste du Yoga et que cela me permet donc de travailler plus que la puissance: la souplesse, l'équilibre, la respiration et le relâchement notamment. Le Power Yoga est une version plus "fun" du Ashtanga, ce qui permet d'essayer de nouvelles choses et de diversifier ses entrainements. Toujours agréable pour casser la routine.

Une des séances que j'apprécie particulièrement est celle-ci: "Taming the Dragon" de Bryan Jones. Relativement éprouvant physiquement mais un complément incroyable de ma pratique martiale.

dimanche 1 décembre 2013

Ouverture d'un compte Twitter

Bien décidé à rentrer dans le 21e siècle, j'ai créé hier un compte Twitter. S'il me servira notamment à suivre certaines personnes dont les écrits et idées m'intéressent, il sera aussi l'occasion de réunir en un seul point les articles que je publie sur ce blog et sur le site de mon dojo. J'y mettrai également des liens vers des annonces de stage, ainsi que tout ce qui me semble intéressant sans nécessairement nécessiter un article en bonne et due forme sur ce blog.

Je serai à Tokyo dans une dizaine de jours pour m'entrainer chez Akuzawa sensei, ce qui me fera une bonne occasion de tester Twitter. Si vous voulez me suivre, mon compte est @Xavier_Duval.