vendredi 27 septembre 2013

Jose Miranda Mateo - Aikijujutsu Yoseikan

Je ne connais pas personnellement le maitre Jose Miranda, mais j'en avais déjà entendu parler comme un pratiquant de haut niveau d'Aikijujutsu. Sa pratique vient majoritairement du Yoseikan, et si je ne me trompe pas également en partie du Daito Ryu. J'ai découvert cette vidéo il y a quelques jours et j'ai eu beaucoup de plaisir à la regarder. On y voit une pratique assez brute et dévastatrice, tout en présentant un travail d'une grande richesse technique, en particulier avec deux partenaires



jeudi 26 septembre 2013

Les grades ? Ni pour ni contre, bien au contraire



La notion de grade dans les arts martiaux japonais est difficile à éviter puisqu’elle crée de fait une hiérarchie entre les pratiquants. Pourtant si cette hiérarchie semble claire a première vue (il est meilleur, il a un plus haut grade), la réalité est loin d’être aussi évidente.

Il existe de nombreuses raisons d’obtenir (ou non) un grade, et toutes ne sont pas d’ordres techniques. Il est donc difficile de comparer deux pratiquants sur le simple critère de leurs grades respectifs. Que dire d’un Léo Tamaki qui n’affiche qu’un 4e dan, grade relativement faible étant donné son niveau de pratique et ses qualités ? Que dire des pratiquants de la première heure qui n’affichent qu’un premier dan depuis quelques décennies ? Que leur niveau est inférieur à celui de leurs pairs ? Au contraire, que penser des pratiquants qui affichent de hauts grades mais dont la pratique est hésitante et sans saveur ? Que nous sommes incapables de comprendre ce qu’ils font ? Peut-être faut-il simplement y voir le fait qu’un grade représente seulement ce que l’on met dedans.

Pourquoi je passe mes grades ?
La pratique d’un art martial n’est pas linéaire. Elle est faite de recherches, de rencontres, de découvertes.  Mais aussi d’erreurs et de doutes. C’est à travers ses erreurs que l’on apprend, mais le risque de prendre une mauvaise direction et de s’enfoncer dans une impasse est toujours présent. Passer ses grades est une manière de valider la direction choisie, de préférence auprès de personnes qui vous connaissent et peuvent vous voir évoluer au long des années. C’est pour cette raison que je passe mes grades au Japon car j’estime que les dirigeants du Seibukan sont ceux qui voient ma pratique le plus régulièrement.

Pourquoi je ne passe pas mes grades en Aikido ?
Deux raisons à cela. La première c’est qu’être 6e kyu m’incite à l’humilité, à accepter mon statut d’éternel débutant. C’est aussi un moyen de ne pas avoir de « statut » lors des entrainements et donc de ne pas avoir un partenaire qui tombe parce qu’il « doit » tomber. Ne pas avoir à s’occuper des grades permet de s’occuper de ce qui compte : la pratique, et de laisser le reste de côté.  

La deuxième raison est que si je devais un jour passer mon shodan dans mon club d’Aikido, cela se ferait devant Endo sensei, et malgré tout le respect que j’ai pour lui et sa pratique, je ne me retrouve pas dans ce qu’il fait et obtenir un grade de sa part ne représenterait donc rien pour moi. Dans d’autres groupes la question se poserait peut-être différemment.

A quoi ça sert un grade ?
Fred m’a fait réaliser que si je n’ai pas besoin d’avoir un grade pour pratiquer, en avoir un peut servir à garder sa liberté et à envoyer bouler les gens moins expérimentés qui viennent nous expliquer la vie. J’ai certes la chance de vivre dans un endroit suffisamment reculé pour pouvoir pratiquer sans ses contraintes, mais les cas de gens compétents et titulaires d’un simple 1er dan qui se font snober par des pratiquants pas plus qualifiés mais 5e dan m’ont fait réaliser qu’il fallait mieux les passer, les mettre dans un coin et les garder sous le coude au cas où.

Mais si un grade élevé offre une certaine liberté, il amène aussi potentiellement son lot de responsabilités. Plus les grades sont élevés et moins les pratiquants sont nombreux, donc plus les attentes sont nombreuses. Et c’est normal, qu’on attende plus d’un 4e dan que d’un 1er dan, sinon à quoi bon ? J’attends personnellement d’un 1er dan qu’il connaisse les bases techniques de son école et qu’il puisse commencer à étudier sa stratégie et sa façon de faire. D’un 3-4e dan, j’attends qu’il se soit approprié sa pratique et qu’il lui ait donné une direction. D’un 6e dan, j’attends que cette recherche soit (relativement) aboutie.

J’attends beaucoup de choses et j’ai probablement tort. Car un grade c’est aussi souvent (et malheureusement) un élément politique, qui récompense parfois un pratiquant médiocre en laissant de côté un pratiquant plus doué. Les meilleurs techniciens ne sont pas forcément les meilleurs politiciens et parfois savoir taper aux bonnes portes est plus rapide que la sueur et les heures passées à l’entrainement. Mais au final ce qui compte, c’est bien ce que l’on met soi-même derrière son bout de papier.

samedi 21 septembre 2013

Une belle attention

Après l'entrainement et les passages de grade vendredi soir, Kawano sensei (Kancho du Seibukan et vice président du Soburen) est venu me voir avec une enveloppe au format A4. Il s'agissait d'une photo de groupe prise avec certains des "chefs d'équipes" avant les démonstrations du Taikai de 2012, et sur laquelle je me trouve. Il avait eu la gentillesse de me la faire imprimer et de la faire encadrer, ce que j'ai trouvé particulièrement sympathique de sa part.

J'ai d'autant plus apprécié ce geste que j'ai cherché cette photo pendant plusieurs semaines car ma photographe était partie en vadrouille à ce moment-là.

 

jeudi 19 septembre 2013

Soburen 2013 – Nihon Tai Jitsu



A défaut d’avoir eu le temps de faire le tri dans toutes les photos et vidéos de ce week-end chargé, j’ai déjà mis en ligne la vidéo de ma démonstration lors du festival. En la visionnant je me suis aperçu que j’étais effectivement allé très vite, trop sans doute.



Contrairement à l’an dernier, j’ai choisi de ne démontrer que deux parties au lieu de trois, en mettant de cote les Te Hodoki. Les participants étant a peu de choses près les mêmes chaque année, je souhaitais montrer de nouvelles techniques, et de nouveaux sutemi. Je voulais aussi montrer de nouvelles choses à Ryo, pour que me servir de Uke puisse aussi lui apporter quelque chose.
 

mercredi 18 septembre 2013

Le Nihon Tai Jitsu primé au Butokuden


Le 22e festival annuel du Seibukan et du Soburen au Butokuden de Kyoto est maintenant derrière nous. Tout ne s’est pas passé comme prévu mais au final le plan s’est déroulé sans accrocs. Pris par une toux sèche assez forte depuis quelques jours, je ne savais pas dans quel état je serais pour ma démonstration. Démonstration qui n’avait cette fois pas été préparée, mais simplement écrite en notes sur mon iPhone en espérant que Ryo pourrait retenir l’ensemble si je lui montrais 5 minutes avant. Et ça a été le cas. Ryo m’a montré cette fois encore sa motivation et ses grandes qualités mentales, mais aussi sa belle progression technique depuis son 1er dan. J’ai été très heureux de le revoir et de pouvoir faire ma démonstration avec lui, même si nous avons passé moins de temps ensemble que l’an dernier.

Il a aussi fallu compter sur la venue d’un typhon, qui s’il a fait déborder la rivière n’a pas réussi a gâcher la fête. Tout au mieux il a gâché les photos a l’extérieur du bâtiment principal, on s’en remettra. Et enfin il a fallu compter sur un imprévu de taille. Les délégations étrangères étant particulièrement nombreuses cette année, le créneau du Nihon Tai Jitsu a dû être partagé avec le Canada (Hakko Ryu/Takeda Ryu) et le Venezuela et le Costa Rica (Miura Ryu). C’est donc en 4’30 salut compris que j’ai démontré plus de 20 techniques dont 8 sutemi sur ce pauvre Ryo. Une démonstration expresse mais dans laquelle j’ai pu caler tout ce que j’avais prévu pour cette année. 

Ryo, un pratiquant de qualité, toujours de bonne humeur

Les démonstrations étaient nombreuses avec un total de 29 équipes, et si certaines présentations étaient identiques aux années précédentes, j’ai eu la joie d’en découvrir de nouvelles. L’Aiki Sambo par exemple, dont le nom surprenant cache une discipline qui m’a enthousiasme par sa souplesse, sa fluidité et son panel technique. Le fait que le représentant ait démontré un certain nombre de sutemi (pour certains les mêmes que ceux que je démontrerai plus tard dans la journée) n’y est certainement pas pour rien. J’en ai profité pour aller le féliciter à la fin de la journée et j’ai rencontré un homme charmant, ouvert avec qui j’ai eu beaucoup de plaisir à échanger. Il a d’ailleurs reçu l’un des 7 « prix d’excellence », ce qui me semble plus que mérité. La remise des prix a d’ailleurs fait partie de ces surprises de la vie, qui vous cueillent à froid. Alors que nous étions alignes pendant la cérémonie de clôture, j’ai eu la surprise de découvrir que j’avais également reçu un « prix d’excellence », le seul décerné a une délégation étrangère pendant cette édition. Si je suis conscient des significations nombreuses (et autres que mon exceptionnel niveau technique auquel personne ne croit), j’ai été touché par ce prix qui est je pense plus une marque d’affection de Kawano sensei qu’autre chose.

Une récompense improbable
 Ce fut une fois encore un beau séjour à Kyoto, pendant lequel j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver mes amis budoka, qu’ils soient japonais ou non.

vendredi 6 septembre 2013

Passages de grade - Septembre 2013


Alors que la plupart des pratiquants français reprennent doucement le chemin du dojo, nous avons débuté le mois de septembre par des passages de grade. La notion de pause estivale n’existe en effet pas ici et les cours ont lieu tout au long de l’année sans interruption.

Pour cette session, nous avions quatre candidats, 3 à la ceinture orange, 1 à la ceinture jaune. La prochaine session devrait normalement voir dans les prochains mois une candidate de plus à la ceinture orange. Tous sont passés sans encombre, mais je dois cependant reconnaitre que tous les ateliers n’ont pas été une franche réussite pour autant. Quels étaient donc ces ateliers ? Ils étaient au nombre de 10, chacun sur 10 points, pour donner une vision a 360 degrés sur ce qui a été travaillé au cours des mois précédents.

Esprit Budo

Il s’agit en réalité de deux ateliers : ponctualité et connaissance du Budo.

Ponctualité car il est rare que quelqu’un soit à l’heure aux cours. C’est compréhensible en semaine, moins le dimanche. L’examen étant un dimanche, 10 points étaient attribues pour une présence vraiment en avance, 5 pour une présence « dans les temps » et 0 pour un retard. C’est le seul atelier qu’ils ont découvert sur place, évidemment.

Pour les passages de grade, Me Hernaez fait généralement passer un « entretien Budo », et dans cet esprit il me semble important que mes élèves y soient préparés. Faute de temps il n’y a pas eu d’entretien mais un examen écrit avec des questions de base dont il me semble important de connaitre les réponses. Vous ne savez pas qui est Jigoro Kano et quels sont les deux principes du Judo ? Pourquoi alors saluez-vous cette photo et ces deux calligraphies en début de cours ? De même que ne pas connaitre la signification du nom de son école ou son fondateur est problématique.

Ukemi

Savoir recevoir les techniques est primordial, peut-être même plus que savoir les appliquer, sécurité oblige. Il s’agit donc de démontrer diverses chutes, roulées, plaquées ou en passant par-dessus des obstacles.

Te Hodoki et Tai Sabaki

Deux ateliers essentiels. Je me souviens de Me Hernaez expliquant qu’il pourrait limiter les passages de grade jusqu’au 4e dan a ces deux simples ateliers. Bien sûr c’est exagéré mais on comprend l’importance de maitriser la base.

Techniques de base

Les 27 techniques sur 8 saisies de poignets (11 atemi, 8 clés, 8 projections) sont la grammaire de l’école. Il est donc nécessaire de les avoir assimiler correctement. Pour la ceinture jaune, seule la série atemi était demandée. Pour la orange l’ensemble des techniques à l’exception de la 6e projection (kata guruma) pour des raisons de sécurité.

Démonstrations de techniques

Présentation de techniques demandées par le jury. Il peut s’agir de frappes, de projections, d’immobilisations, ou de n’importe quel autre technique. Sachant qu’un pratiquant aura tendance à ne démontrer que les techniques qu’il maitrise, le but est ici de voir ce que donne ce qu’il maitrise moins.

Démonstration libre

L’exact opposé puisque Tori peut ici choisir de démontrer ce qu’il veut, sur les attaques de son choix. La contrepartie est que choisissant l’attaque et la défense, il est attendu que le résultat soit propre.

Kata

Le premier kata seulement était demandé pour les deux grades.

Randori

Et enfin pour finir en beauté et exténuer tout le monde, randori en cercle. Tori est attaqué de toutes parts et ne doit pas avoir le temps de réfléchir (il a eu tout le temps pour ça avant). Nous sommes dans l’intuition et le travail sous pression. C’est aussi un moyen d’évaluer la façon de se placer du candidat par rapport à de multiples adversaires et de s’assurer qu’il garde un contrôle sur son environnement.