lundi 30 décembre 2013

Bilan 2013

Les années du serpent sont traditionnellement des années de grands changements, et je souhaitais donc qu'il en soit de même dans ma pratique et dans ma vie en général. J'avoue ne pas avoir été déçu avec un mariage, une perte d'emploi et une pratique qui a complètement changé au cours de cette année. Avec deux séjours en France et trois au Japon au cours de l'année, sans compter les stages à Hong Kong, l'année a été chargée.

Hong Kong

J'ai pour la première fois tenu les comptes de mes entrainements d'Aikido et NTJ à HK. Avec 79 cours de NTJ et 71 d'Aikido, j'ai du passer environ 250 heures sur les tatamis. A ces heures s'ajoutent mes entrainements personnels quotidiens en Aunkai et Yoga, que je n'ai pas comptés.

C'était ma première année complète d'enseignement et j'ai vu de réels progrès chez mes élèves. Le cadre de nos cours a aussi fortement évolué puisque nous avons accès à un vrai dojo une fois par semaine, ce qui a encouragé le groupe à s'entrainer plus fréquemment. Si le groupe est resté relativement petit il s'est quand même agrandi au cours de cette année, et notamment avec la présence de pratiquants avancés, gradés dans d'autres disciplines qui ont activement participé.

L'année a aussi été l'occasion de participer à quelques stages et aussi d'en organiser un. Endo sensei est venu le premier, au mois de février. Ce stage ne m'a objectivement pas apporté grand chose à part des douleurs aux genoux et je n'ai pas accroché. Machii sensei est venu quelques mois plus tard et nous a présenté un magnifique travail au sabre et à mains nues, qui continue à éclairer ma pratique aujourd'hui. Enfin Romain et Patrice sont venus au mois d’août pour un stage commun Hankido / Nihon Tai Jitsu, l'occasion de se retrouver, d'échanger et de voir nos évolutions respectives.

Japon

J'avais commencé l'année par un séjour à Tokyo chez Akuzawa sensei, je l'ai finie de la même manière. Les changements entre les deux sessions ont en revanche été notables. En février, tout ou presque était incorrect. Mes postures étaient à revoir et j'étais incapable de bouger un seul élève d'Akuzawa sensei alors qu'eux me bougeait très facilement. Ce séjour me permit de comprendre de nouvelles choses que je me suis efforcé de mettre en place dans les mois qui ont suivi. En décembre, ma forme était bien meilleure et ma structure plus solide. Pour la première fois j'ai eu l'impression d'aller dans la bonne direction.

Comme l'an dernier, je suis allé à Kyoto pour le festival du Seibukan et du Soburen. Ce fut l'occasion de passer mon 4e dan, mais aussi de recevoir un prix assez inattendu pour ma démonstration lors du festival. Le tout dans des conditions assez particulières puisque me mariant la semaine précédente je n'avais pas tout à fait la tête à ce que je faisais.

France

Cette année a aussi été ponctuée par deux séjours en France. Comme à chaque fois je suis allé m'entrainer au Kishinkan/Masamune dojo, et pour la première fois j'y ai rencontré Léo Tamaki. Comme toujours j'ai passé un très bon moment à pratiquer l'Aikido et l'Aunkai dans ce dojo, dont la pratique est certainement l'une de celles qui me parlent le plus.

En avril, ma visite était motivée par le stage de Washizu sensei, du Gyokushin ryu. Un maitre dont j'apprécie autant les qualités martiales que la simplicité. Ce fut l'occasion de revoir tous mes amis du NTJ, mais aussi de comprendre certains principes déjà mis en avant par Akuzawa sensei deux mois plus tôt.

Enfin l'année s'est terminée par mon premier stage officiel en France, à Nort sur Erdre chez Romain. Un excellent moment dont je garderai surement un excellent souvenir pendant de longues années.

Vingt fois sur le métier...

Au cours de cette année, les choses se sont doucement mises en place. Initiées par Akuzawa sensei, je les ai progressivement comprises, jusqu'au premier déclic d'avril suite à mes entrainements avec Yannick/Leo et au stage de Washizu sensei. A mon retour à Hong Kong, j'ai pu reprendre à zéro ma pratique du NTJ pour y incorporer ces principes. Tout recommencer à partir d'une nouvelle idée m'a permis je crois de passer à l'étape suivante de ma pratique. Mon passage à Tokyo et le stage de Nort sur Erdre qui a conclu l'année m'ont ensuite permis de valider le travail de l'année et même de comprendre de nouvelles choses que je n'avais qu'effleuré, et ce notamment grâce aux nombreux stagiaires présents qui m'ont servi de cobayes.

Comme le disait Nicolas Boileau:
Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. 

J'attends maintenant avec impatience l'année 2014, qui commencera forcément bien puisque je passerai les premiers jours à Toulouse avec Fred.


vendredi 27 décembre 2013

Retour sur le stage à Nort sur Erdre (44)

Je donnais les 21 et 22 décembre un stage de Nihon Tai Jitsu à Nort sur Erdre, à quelques kilomètres au nord de Nantes. Contrairement aux précédents stages que j'ai pu donner dans le passé, celui-ci était relativement long: 9 heures d'entrainement étalés sur deux jours, et je savais que le niveau risquait d'être élevé connaissant la qualité de l'enseignement de Romain au Nac Hapkido. Je voulais profiter de ce stage pour apporter des choses nouvelles (mais compatibles) aux élèves de Romain, mais également à lui.

Le programme était plus ou moins réparti suivant 4 grandes idées directrices:
- samedi matin: te hodoki et tai sabaki (utilisation des axes, prendre la place de l'autre, etc.)
- samedi après midi: travail d'enchainements avec réaction de uke, avec notamment un paquet de sutemi
- dimanche matin: travail sur saisies en enlevant les tensions au point de contact
- dimanche après midi: armes (couteau/ sabre/jo)

La partie aux armes est celle qui peut sembler la plus surprenante puisque le NTJ ne pratique pas les armes (mais uniquement les défenses contre armes). En revanche je crois qu'il est important de remettre les techniques dans leur contexte et que les armes peuvent parfois révéler de nombreux détails techniques et s'avérer être des outils précieux. Je suis le premier à reconnaître ne rien connaître au sabre, et à peine plus au couteau, mais malgré tout le travail de certains te hodoki au sabre permet de comprendre certaines choses et c'est dans cet esprit que nous l'avons utilisé. De même pour le couteau, qui permet de mieux comprendre les te hodoki (pour désarmer ou pour libérer la main qui tient l'arme) mais également de travailler avec plus de contraintes: distance plus longue, risque de se trancher soi-même sur un mauvais déplacement, etc. Certaines techniques à mains nues réalisées plus tôt dans le week-end ont d'ailleurs été appliquées directement avec sabre et/ou couteau. Le Jo a, quant à lui, servi d'outil de formation du corps.

Ce week-end a aussi été pour moi l'occasion de comprendre plus largement certains principes que j'utilisais jusqu'ici seulement avec parcimonie. J'ai eu l'occasion de les tester sur une vingtaine de pratiquants enthousiastes et bien formés, ce qui m'a permis de vérifier leur validité. Une nouvelle façon de faire qui a surpris mes partenaires qui n'ont pas toujours compris pourquoi et comment ils ne pouvaient pas chuter alors que leur colonne vertébrale semblait s'effondrer sur elle-même après un contact pourtant relativement léger. Je sais désormais quelle direction va prendre ma pratique pour l'année qui vient.

Je ne vais pas revenir sur l'ensemble du stage qui a été relativement chargé, mais plutôt en profiter pour remercier Romain, Patrice et tous les participants pour l'organisation, leur entousiasme et leur temps. Je ne m'attendais pas à voir autant de monde sur les tatamis le dernier week-end de l'année. Merci à vous.









mercredi 18 décembre 2013

Passage à Tokyo - Enfin des résultats

Profitant de mes vacances prolongées, je me suis rendu quelques jours à Tokyo pour m'entraîner sous la direction d'Akuzawa sensei. Comme à chaque fois le séjour fut relativement court (3 sessions de 4-5 heures) mais comme toujours ce fut très enrichissant.

Mais ce séjour ne fut pas exactement comme les autres. A part à mon 2ème passage qui avait eu lieu juste un mois et demi après le premier, chaque passage me donnait l'impression d'être à côté de la plaque, et que les progrès perçus pendant les mois précédents n'étaient qu'une illusion. En revanche je voyais clairement les progrès fulgurants de sensei et de ses élèves. C'était donc à la fois enrichissant et frustrant. Pour la première fois, je n'ai pas vu de contradiction entre ma compréhension depuis début 2013 et ce que sensei m'a expliqué. Au contraire, ça a même été une confirmation de mes axes de travail. Bien sur il reste encore beaucoup de progrès à faire et de choses à assimiler mais la direction générale semble bonne. Au delà des principes, la différence corporelle était nette par rapport à février. Lors des exercices de Kuzushi avec Jo, je n'avais pu bouger que les gens extérieurs au groupe d'élèves de sensei, tous ses élèves me jetant au sol avec une grande facilité. Ce ne fut pas le cas cette fois et j'ai même été surpris de voir que Miyagawa San n'arrivait pas à me projeter (il va sans dire que je n'ai pas réussi à non plus à le mettre en difficulté). J'ai aussi eu quelques commentaires de sensei sur ma forme de corps qui a indéniablement changé. Il a confirmé que la prochaine étape serait de bouger de l'intérieur. Quelque chose qui est loin d'être gagné pour le moment.

En termes de contenu, nous sommes revenus sur Shiko (et sa nouvelle version, moins rude pour les genoux), l'utilisation des axes et le fait de laisser tomber le haut du corps. Nous avons ensuite travaillé beaucoup d'applications. Chose que nous avions commencé à faire en février. Les élèves de sensei m'ont d'ailleurs confirmé qu'il leur avait aussi fallu du temps avant d'accéder à cette partie, probablement parce qu'il ne sert à rien de les travailler avant que le corps soit en place.

Ma visite est également bien tombée puisque le dîner annuel d'Aunkai avait lieu samedi soir. Une bonne opportunité de discuter avec les différents élèves. 

mercredi 11 décembre 2013

Documentaire sur le Gyokushin Ryu Aikido

Suite au stage d'avril organisé à Paris par l'EFNTJ avec Washizu sensei, Lionel Froidure a réalisé un documentaire sur Washizu sensei et le Gyokushin Ryu Aikido. Documentaire divisé en deux parties: le stage à Paris puis les entrainements à Shizuoka.

Le DVD sera disponible en mars 2014, mais en le pré-commandant dès maintenant il est possible de voir la version TV (52 minutes) en VOD. Le DVD contiendra quant à lui 20% de contenu supplémentaire.

Je viens de passer 52 excellentes minutes. Tout d'abord à revoir les images du stage et à me remémorer ces bons moments. Ensuite à voir les différentes interviews des participants (dont la mienne et il est triste de voir que je ne suis toujours pas télégénique) et les impressions du maitre sur ce premier séjour hors du Japon. Enfin à revoir le dojo de Shizuoka, son atmosphère, et à entendre les anecdotes des anciens. J'ai maintenant hâte de voir le DVD!

lundi 9 décembre 2013

Vidéos de O'Sensei

Si l'on trouve de plus en plus de vidéos du fondateur de l'Aikido en ligne, elles restent en général assez dispersées et relativement courtes. J'ai trouvé par hasard ce week-end ces deux vidéos, qui sont des compilations de nombreuses vidéos disponibles. J'en avais déjà vu certaines, mais j'ai eu le plaisir de découvrir de nouveaux extraits



jeudi 5 décembre 2013

Ukemi: fort et souple à la fois


Les Ukemi sont souvent considérés comme des chutes. Ils sont pourtant bien plus que cela. 受け(Uke) renvoie à la personne qui reçoit la technique. Le kanji 受 représente deux mains qui échangent un objet et transmettent l'idée de recevoir, alors que け est l'hirigana ke. Le verbe Ukeru, à l'origine d'Ukemi signifie donc recevoir. Le dernier kanji 身 représente le corps.

L'ukemi consiste donc à recevoir avec le corps. Mais recevoir quoi et comment?

Le rôle d'uke ne doit jamais être passif. Il est celui qui permet l'action et donc celui qui donne à Tori les clés de sa progression. Plus qu'une simple victime consentante, Uke a le devoir de placer Tori dans les meilleures conditions d'apprentissage, en respectant les principes de distance, d'engagement et d'auto-préservation. Si l'attaque d'uke et ses réactions ne sont pas réalistes, la défense de tori ne le sera pas non plus.

Chuter pour éviter la fracture

Dans ce cadre, l'ukemi a deux buts. Le plus évident est la protection de Uke en lui permettant de recevoir la technique sans se blesser. Les techniques devenant plus dangereuses en progressant, il est nécessaire de pouvoir les recevoir pour garantir une pratique sûre. Le second point est de permettre à tori de travailler sans se soucier de uke. Il peut exécuter sa technique plus rapidement, avec un meilleur timing, si uke est capable de la recevoir sans se blesser.

Mais au-delà de ces deux points, l'ukemi est un superbe outil de formation du corps qui nécessite de relâcher le corps tout en conservant une certaine présence. Trop relâché et la tête frappe le sol. Trop tendu et l'impact au sol devient beaucoup plus douloureux. Cette juste tension est toujours difficile à trouver, notamment chez les débutants qui ont tendance à soit utiliser toute leur force musculaire, soit à devenir tout mous. En tant qu'uke, chacune de ses deux options appelle une sanction immédiate lors de l'ukemi, encourageant l'élève à s'ajuster et à trouver la juste utilisation de la force et de la souplesse.


L'ukemi peut aussi, je pense, être un excellent exercice de sensibilité selon comment il est utilisé. Il est par exemple courant en Aikido d'anticiper très légèrement son ukemi par rapport à l'action de tori pour éviter une "cassure" dans le mouvement et conserver une certaine fluidité. Cette approche permet d'une part une meilleure préservation de uke (qui subit moins la technique) et d'autre part une meilleure sensibilité de uke à l'action de torils en l'encourageant à sentir à quel moment la chute va arriver pour lui permettre d'anticiper. Sensibilité qui permettra par la suite le travail des kaeshi-waza.



mardi 3 décembre 2013

Retour sur quatre ans de Yoga

Je viens de réaliser que j'ai fait mon premier cours de Yoga il y a aujourd'hui 4 ans. Ma pratique n'a pas toujours été très intensive mais j'ai essayé de pratiquer au minimum 2-3 fois par semaine afin d'assouplir mon corps, en complément de la pratique d'Aunkai, de l'Aikido et bien sur du NTJ.

Après ces quatre années, si je n'ai toujours pas le corps d'un Yogi accompli, les changements sont notables: plus de problèmes de dos, meilleure verticalité, plus grande souplesse et plus grande conscience de mon corps. Il est difficile de dire ce qui vient du yoga et ce qui vient d'Aunkai à ce niveau, mais avec le temps ces deux pratiques sont réellement devenues complémentaires pour combler mes lacunes, et d'une certaine façon se sont enrichies l'une l'autre.

Depuis quelques semaines, je redécouvre ce que signifie avoir du temps libre, et mes entrainements se sont donc intensifiés pour me permettre de pratiquer chaque jour Yoga et Aunkai, mais aussi d'être sur les tatamis 5 jours par semaine. En ce qui concerne le Yoga, je suis passé récemment au Power Yoga, une version américaine du Ashtanga, un yoga dynamique et beaucoup plus physique que le Hatha Yoga. Je conserve une séance de Hatha par semaine pour travailler uniquement la souplesse. Pourquoi du Power Yoga? Déjà parce que j'avais l'impression depuis quelques temps qu'il était temps de redonner un peu de puissance physique à mon corps, mais que je veux conserver une approche holistique. Ensuite parce que ça reste du Yoga et que cela me permet donc de travailler plus que la puissance: la souplesse, l'équilibre, la respiration et le relâchement notamment. Le Power Yoga est une version plus "fun" du Ashtanga, ce qui permet d'essayer de nouvelles choses et de diversifier ses entrainements. Toujours agréable pour casser la routine.

Une des séances que j'apprécie particulièrement est celle-ci: "Taming the Dragon" de Bryan Jones. Relativement éprouvant physiquement mais un complément incroyable de ma pratique martiale.

dimanche 1 décembre 2013

Ouverture d'un compte Twitter

Bien décidé à rentrer dans le 21e siècle, j'ai créé hier un compte Twitter. S'il me servira notamment à suivre certaines personnes dont les écrits et idées m'intéressent, il sera aussi l'occasion de réunir en un seul point les articles que je publie sur ce blog et sur le site de mon dojo. J'y mettrai également des liens vers des annonces de stage, ainsi que tout ce qui me semble intéressant sans nécessairement nécessiter un article en bonne et due forme sur ce blog.

Je serai à Tokyo dans une dizaine de jours pour m'entrainer chez Akuzawa sensei, ce qui me fera une bonne occasion de tester Twitter. Si vous voulez me suivre, mon compte est @Xavier_Duval.

mardi 26 novembre 2013

Interventions au stage national NTJ/TJ - Novembre 2013

Plus tôt ce mois-ci s'est tenu le stage national NTJ/TJ qui vise à regrouper les deux écoles pour échanger. Plusieurs vidéos des référents techniques du NTJ ont été publiées, et je les ai regardées avec beaucoup d'intérêt. N'ayant que rarement l'occasion de pratiquer avec les gens de l'école, je suis toujours content de voir ce qui est pratiqué et d'une certaine façon de vérifier que ce que je fais est toujours du NTJ.

La pédagogie de chacun des enseignants est également très intéressante. J'apprécie toujours de revoir les plaisanteries de Me Hernaez par exemple, qui si elles restent les-mêmes à chaque stage ont ce pouvoir de marquer l'audience et de faciliter la mémorisation des points clés.

Jean Jugeau


nhon tai jitsu 2013 by crocodildundy

Philippe Galais


projection sur clefs du codifié(nihon tai jitsu... by crocodildundy

Philippe Avril


self defense sur saisie ou coup de poing direct... by crocodildundy

Me Hernaez


Maitre Roland Hernaez (part. 1) by crocodildundy



Roland hernaez(part 2) by crocodildundy


Roland Hernaez (3eme partie) by crocodildundy
 

vendredi 15 novembre 2013

Stage de Nihon Tai Jitsu à Nort-sur-Erdre (44) - 21 et 22 décembre 2013

J'aime croire que chaque évènement négatif s'accompagne de belles opportunités. Mon passage en France cet hiver était loin d'être prévu, mais je me réjouis que ça soit l'occasion d'aller fouler les tatamis avec de vieux amis.

Ce sera aussi l'occasion de donner un stage chez Romain, et à ma manière de lui rendre un peu de ce qu'il a apporté à mes élèves et moi cet été à Hong Kong. Le stage sera ouvert à tous et abordera de nombreux thèmes parmi lesquels les te hodoki, les déplacements, la manière d'entrer, les contres et surpassements, les défenses contre armes et les sutemi.


mercredi 6 novembre 2013

Akuzawa sensei à Hong Kong en Mars

Le fondateur de l'Aunkai, Akuzawa Minoru sensei sera à Hong Kong en mars 2014. S'il est désormais bien connu des pratiquants français et des lecteurs de ce blog, ce n'est malheureusement pas encore le cas ici et je suis ravi d'avoir l'opportunité de l'inviter

jeudi 10 octobre 2013

Dans la presse



Pour faciliter le développement du Nihon Tai Jitsu à Hong Kong, je me suis décidé à aller m’appuyer sur de nouveaux canaux de communication, en l’occurrence la presse écrite. Trait d’Union est le magazine des français à Hong Kong. Ou du moins il l’était parce qu’il couvre aujourd’hui une zone bien plus importante avec Shanghai, Pékin, Canton, Shenzhen, Wuhan et Macau. Distribué gratuitement, ce magazine en français donne de nombreuses informations régionales, des morceaux de vie, etc.

La communauté française à Hong Kong est estimée à 15,000 personnes. Si je dois avouer fréquenter extrêmement peu de français, je suis également conscient que la France est un pays qui a toujours montré un grand intérêt pour les arts martiaux, et de ce fait il me semblait assez evident de viser cette communauté avec un article.

Voici donc le premier article jamais publié dans la presse sur le Nihon Tai Jitsu à Hong Kong.


lundi 7 octobre 2013

Enseigner à des pratiquants expérimentés



Samedi j’ai été contacté via Facebook par un pratiquant de Jujutsu souhaitant venir assister à mes cours. Nous avons un peu discuté et j’ai appris qu’il pratiquait le Jujutsu en Allemagne depuis 1989 et était 3e dan dans son école. Il n’en faisait cependant pas une affaire et me l’a dit simplement parce que j’avais posé la question. Au contraire même, il s’est excusé de ne pas avoir de keikogi et de ceinture blanche au premier cours mais m’a promis de s’équiper le plus rapidement possible et qu’il voulait juste apprendre.

Pour beaucoup de personnes, ces mots ne restent souvent que des mots. Beaucoup déjà malgré leur motivation sans doute sincère ne viennent pas au premier cours. Lui est arrivé 50 minutes en avance. Très sympathique, il s’est tout de suite intégré au groupe et a travaillé avec beaucoup d’attention. Il m’a avoué pendant le cours être un peu stressé car il avait peur de ne pas être au niveau. Je l’étais en réalité probablement tout autant car il peut être assez difficile d’enseigner à un pratiquant dont la coupe est déjà bien remplie. Les conditions du cours n’étaient pas non plus idéales. Une compétition de Judo ayant lieu au même moment, tous les tapis avaient été enlevés et c’est donc un cours sur les bases (nigiri kaeshi, te hodoki, tai sabaki, kata) qui a servi d’introduction.

Au final tout s’est très bien passé et il devrait rester avec nous au moins jusqu'à fin décembre. Peut-être plus s’il trouve un emploi à Hong Kong. La majorité de mes élèves sont aujourd’hui gradés dans une autre école (un 3e dan Toyama Ryu Iaido, un 3e dan jujutsu, une 2e dan taekwondo, deux 1er dan aikido, un 1er arnis). C’est une grande chance pour notre groupe puisque cela peut tirer tout le monde vers le haut, c’est également une chance pour moi d’avoir des gens expérimentés avec qui pratiquer.

vendredi 4 octobre 2013

Complémentarité des pratiques



Comme je l’ai dit précédemment, j’ai depuis quelques temps un de mes amis Aikidoka qui assiste à mes cours. Hier, après l’entrainement nous avons échangé sur les similarités Aïkido/Jujutsu et j’ai trouvé son feedback vraiment très intéressant. Il m’expliquait apprécier le fait que certaines choses que nous travaillons en Nihon Tai Jitsu ne sont pas ou peu présentes en Aïkido et manquent parfois cruellement. Si je défends cette idée depuis longtemps, il est toujours bon de se l’entendre confirmer par des personnes dont le paradigme est différent.

Parmi les points « manquants » en Aikido (je mets manquants entre guillemets, car je reste convaincu que l’Aikido n’a pas la même vocation que les Jujutsu, et que donc on ne peut les comparer aussi facilement), il relevait :

  • La présence systématique d’atemi. L’atemi n’étant dans ma pratique pas un simple exercice de force visant à passer une technique comme un bourrin, mais un moyen de déstructurer Uke physiquement et/ou mentalement  
  • La sortie de la ligne d’attaque. C’est pourtant un point central en Aikido mais le manque de nervosité de Uke amène parfois à ce manque de rigueur
  • La finalisation, qu’elle soit par atemi, contrôle ou luxation. On me répondra que les contrôles au sol existent en Aikido, c’est vrai mais encore une fois je ne suis pas convaincu qu’il faille les voir comme des techniques à appliquer au pied de la lettre

L’Aïkido a de fait une vocation particulière. Budo par excellence, la recherche de l’harmonie et le travail sur les principes encouragent souvent à mettre de côté l’atemi, la contrainte, la mauvaise volonté du partenaire, etc. Eléments qui permettent pourtant de donner un éclairage nouveau à la pratique.

A côté de ces différences, j’ai trouvé intéressant qu’il voit des liens très nets entre ma pratique et l’Aïkido. Le NTJ descendant directement d’un Aikido d’avant-guerre, je me poserais des questions si un Aikidoka n’y retrouvait pas quelques points communs.

De même que pratiquer l’Aikido ces dernières années a certainement éclairé ma façon de pratiquer le NTJ, je suis heureux de voir que cet éclairage peut aller dans les deux sens.

vendredi 27 septembre 2013

Jose Miranda Mateo - Aikijujutsu Yoseikan

Je ne connais pas personnellement le maitre Jose Miranda, mais j'en avais déjà entendu parler comme un pratiquant de haut niveau d'Aikijujutsu. Sa pratique vient majoritairement du Yoseikan, et si je ne me trompe pas également en partie du Daito Ryu. J'ai découvert cette vidéo il y a quelques jours et j'ai eu beaucoup de plaisir à la regarder. On y voit une pratique assez brute et dévastatrice, tout en présentant un travail d'une grande richesse technique, en particulier avec deux partenaires



jeudi 26 septembre 2013

Les grades ? Ni pour ni contre, bien au contraire



La notion de grade dans les arts martiaux japonais est difficile à éviter puisqu’elle crée de fait une hiérarchie entre les pratiquants. Pourtant si cette hiérarchie semble claire a première vue (il est meilleur, il a un plus haut grade), la réalité est loin d’être aussi évidente.

Il existe de nombreuses raisons d’obtenir (ou non) un grade, et toutes ne sont pas d’ordres techniques. Il est donc difficile de comparer deux pratiquants sur le simple critère de leurs grades respectifs. Que dire d’un Léo Tamaki qui n’affiche qu’un 4e dan, grade relativement faible étant donné son niveau de pratique et ses qualités ? Que dire des pratiquants de la première heure qui n’affichent qu’un premier dan depuis quelques décennies ? Que leur niveau est inférieur à celui de leurs pairs ? Au contraire, que penser des pratiquants qui affichent de hauts grades mais dont la pratique est hésitante et sans saveur ? Que nous sommes incapables de comprendre ce qu’ils font ? Peut-être faut-il simplement y voir le fait qu’un grade représente seulement ce que l’on met dedans.

Pourquoi je passe mes grades ?
La pratique d’un art martial n’est pas linéaire. Elle est faite de recherches, de rencontres, de découvertes.  Mais aussi d’erreurs et de doutes. C’est à travers ses erreurs que l’on apprend, mais le risque de prendre une mauvaise direction et de s’enfoncer dans une impasse est toujours présent. Passer ses grades est une manière de valider la direction choisie, de préférence auprès de personnes qui vous connaissent et peuvent vous voir évoluer au long des années. C’est pour cette raison que je passe mes grades au Japon car j’estime que les dirigeants du Seibukan sont ceux qui voient ma pratique le plus régulièrement.

Pourquoi je ne passe pas mes grades en Aikido ?
Deux raisons à cela. La première c’est qu’être 6e kyu m’incite à l’humilité, à accepter mon statut d’éternel débutant. C’est aussi un moyen de ne pas avoir de « statut » lors des entrainements et donc de ne pas avoir un partenaire qui tombe parce qu’il « doit » tomber. Ne pas avoir à s’occuper des grades permet de s’occuper de ce qui compte : la pratique, et de laisser le reste de côté.  

La deuxième raison est que si je devais un jour passer mon shodan dans mon club d’Aikido, cela se ferait devant Endo sensei, et malgré tout le respect que j’ai pour lui et sa pratique, je ne me retrouve pas dans ce qu’il fait et obtenir un grade de sa part ne représenterait donc rien pour moi. Dans d’autres groupes la question se poserait peut-être différemment.

A quoi ça sert un grade ?
Fred m’a fait réaliser que si je n’ai pas besoin d’avoir un grade pour pratiquer, en avoir un peut servir à garder sa liberté et à envoyer bouler les gens moins expérimentés qui viennent nous expliquer la vie. J’ai certes la chance de vivre dans un endroit suffisamment reculé pour pouvoir pratiquer sans ses contraintes, mais les cas de gens compétents et titulaires d’un simple 1er dan qui se font snober par des pratiquants pas plus qualifiés mais 5e dan m’ont fait réaliser qu’il fallait mieux les passer, les mettre dans un coin et les garder sous le coude au cas où.

Mais si un grade élevé offre une certaine liberté, il amène aussi potentiellement son lot de responsabilités. Plus les grades sont élevés et moins les pratiquants sont nombreux, donc plus les attentes sont nombreuses. Et c’est normal, qu’on attende plus d’un 4e dan que d’un 1er dan, sinon à quoi bon ? J’attends personnellement d’un 1er dan qu’il connaisse les bases techniques de son école et qu’il puisse commencer à étudier sa stratégie et sa façon de faire. D’un 3-4e dan, j’attends qu’il se soit approprié sa pratique et qu’il lui ait donné une direction. D’un 6e dan, j’attends que cette recherche soit (relativement) aboutie.

J’attends beaucoup de choses et j’ai probablement tort. Car un grade c’est aussi souvent (et malheureusement) un élément politique, qui récompense parfois un pratiquant médiocre en laissant de côté un pratiquant plus doué. Les meilleurs techniciens ne sont pas forcément les meilleurs politiciens et parfois savoir taper aux bonnes portes est plus rapide que la sueur et les heures passées à l’entrainement. Mais au final ce qui compte, c’est bien ce que l’on met soi-même derrière son bout de papier.