mardi 25 octobre 2011

Rencontre a HK et premier cours de NTJ

J’ai été contacté la semaine derniere par un ancien pratiquant d’Aikido et de Kickboxing qui vit à HK depuis deux mois. Apres 2 ans et demi de disette martiale il souhaitait reprendre et nous sommes donc allés nous entrainer dans le célèbre Hombu Dojo d’Happy Valley. Tellement célèbre que quand je suis arrivé, les petits vieux de la réception sont immédiatement parti chercher les tatamis… pourtant notre dernier passage avec Fred remonte déjà a plusieurs mois.

J’ai donc introduit cette personne aux fondations du Nihon Tai Jitsu, notamment les te hodoki, tai sabakis et les deux premiers mouvements de base (atemi, clé, projection). Nous avions d’abord commencé par un peu de self pour me permettre de situer ou il en était. J’en ai profité pour montrer ce qui me semble important comme différences de méthode et de stratégie par rapport à l’Aikido. Les deux disciplines ont beau être passionnantes et présenter des similarités, elles n’en restent pas moins différentes, ne serait ce que du fait de leur objectif.

Malgré un passage a vide (du a une naissance), il a de beaux restes et la pratique a été très agréable. Il a manifestement été intéressé par ce que j’avais a proposer et il est donc probable que nous nous reverrons prochainement.

lundi 24 octobre 2011

Aikido avec Tominaga Shihan

Tominaga Shihan, 6eme dan Aikikai, était ce week end à HK avec 5 de ses élèves et nous a donné un stage pour l’occasion. 2x2h le samedi et 2h le dimanche, en ce qui me concerne, la coupe du monde de rugby ne m’a permis de participer que le samedi.

Ce fut extrêmement intéressant. Le style est assez direct, et j’aime particulièrement sa façon de faire Irimi Nage qui est plus facile pour moi que celle de mon enseignant habituel. Le travail du matin s’est concentré sur des techniques de base : Shiho Nage et Irimi Nage notamment, et un peu de travail en sensation de type Tui Shou. Le travail de l’après midi m’a semblé plus riche avec un gros travail sur le contact et le déséquilibre sans utiliser de leviers. La façon dont Ikkyo a été présenté ressemble d’ailleurs étrangement avec ce que j’avais pu voir chez Akuzawa : pas de levier sur le coude mais un déséquilibre venant tout simplement de sa propre structure. De même sur Kote Gaeshi qui a été démontré en tenant le poignet et sans faire de contrôle articulaire. La simple saisie lui permet de contrôler Uke et de l’amener ou il lui souhaite.

Un travail très fin donc. Peut être trop. En regardant mon partenaire ou les autres pratiquants autour de moi, j’ai remarqué que tous continuaient à travailler sur les contraintes articulaires. C’est un travail de longue haleine qu’il est probablement difficile de faire passer en si peu de temps.

vendredi 21 octobre 2011

La limite de la technique

Cet article fait écho à celui de Fred sur “Le chemin” ainsi qu’a une discussion récente sur Kwoon. Cette discussion a montré une incompréhension nette entre les pratiquants de « techniques » et ceux de « principes », i.e. ceux qui pensent que la technique est l’alpha et l’omega contre ceux qui la voient comme l’application d’un principe.

Mon choix est très vite fait : je me place (ou du moins j’essaie) du côté des principes. Pourquoi ? Parce que la technique ne peut être qu’un cas particulier. C’est ce qui explique pourquoi certaines écoles dénombrent 3000 techniques : kote gaeshi sur saisie d’un poignet direct, kote gaeshi sur saisie de poignet croisé... on peut effectivement aller loin comme ca. Est-ce que ca change fondamentalement les principes qui sous-tendent la clé ? J’en doute.

Je retrouve dans cette façon faire ce que je condamnais chez certains de mes camarades de classe prépa dans leur façon de faire des maths. Pour eux il s’agissait avant tout de faire toutes les annales possibles et imaginables. Admettons. Le problème, c’est que ca prend un temps considérable et qu’un exercice n’est qu’un cas particulier : savoir le répéter peut servir mais dès qu’un paramètre change, il n’y a plus personne. Comprendre les principes mathématiques qui sont derrière pour pouvoir appliquer à l’ensemble des cas particuliers est clairement plus pertinent à mon sens. Rien ne les empêchera de faire des annales après pour tester leur compréhension du principe.

Le même problème se retrouve avec le par-cœur, cher à certains enseignants. Finalement apprendre des centaines de techniques sans en comprendre le sens, n’est ce pas avoir un tête bien pleine plutôt qu’une tête bien faite ?

vendredi 14 octobre 2011

L’influence de l’âge sur la pratique

Suite à une discussion sur Kwoon au sujet d’un prétendu maitre de 78 ans, dont la pratique a la vue de ses vidéos et au contact pour avoir eu l’occasion de le rencontrer, n’est pas ce que je considère comme étant d’un haut niveau (pour rester poli). Un argument, facile, consiste a dire que c’est normal a son âge. Pourtant si on y regarde de plus près, d’autres maitres septuagénaires ne semblent pas voir ce problème…

J’ai eu la chance de rencontrer des pratiquants de tous niveaux, de divers arts martiaux et sur pas mal d’endroits du globe. Certains d’entre eux ont plusieurs décennies de pratique derrière eux, et clairement ca se sent. Bien sur, a un certain âge les techniques sont moins vives, moins athlétiques, et d’une certaine façon tant mieux ! Tous ont en commun une qualité de placement et une façon d’utiliser le corps plus fine que celle du pratiquant lambda. Sans être a l’image des experts de l’utilisation du corps tels que Sagawa, Hino ou Akuzawa, leur pratique diffère nettement de celle des jeunes loups, et j’ai envie de dire heureusement. Compter sur sa force physique mène forcement à une impasse alors que l’âge nous rattrape. C’est acceptable pour un sportif de haut niveau d’une part parce que la force athlétique est plus rapide à acquérir qu’une modification de l’utilisation du corps, d’autre part parce qu’un athlète de haut niveau prend sa retraite jeune, et donc en pleine force de l’âge.

Cette évolution dans la pratique est nécessaire et est le signe d’un véritable travail de fond. Voir que cette personne ne travaille qu’en force a près de 80 ans indique une pratique de mauvaise qualité, soyons honnêtes.